Édouard Philippe précise le calendrier — Réforme des retraites

Edouard Philippe et Jean Paul Delevoye ont rencontré les partenaires sociaux le 5 septembre à Paris

Edouard Philippe et Jean Paul Delevoye ont rencontré les partenaires sociaux le 5 septembre à Paris

Désireux de " lever les inquiétudes, les malentendus", le Premier ministre a avancé avec d'infinies précautions sur le sujet des retraites, en égrenant devant le Conseil économique, social et environnemental les gages apportés par l'Exécutif.

Le Premier ministre, Edouard Philippe, a promis jeudi de "prendre le temps" pour élaborer le régime universel des retraites souhaité par Emmanuel Macron et prévu son adoption d'ici la fin de la session parlementaire de l'été 2020.

Il s'agissait aussi de répondre au procès en immobilisme instruit notamment par les oppositions, qui soupçonnaient l'exécutif de vouloir temporiser sur la refonte après déjà 18 mois de consultations et un rapport remis mi-juillet par le haut-commissaire Jean-Paul Delevoye.

Les "consultations citoyennes", dans l'esprit du grand débat, s'étaleront de fin septembre "jusqu'à la fin de l'année", et se déclineront en réunions publiques et sur une plateforme numérique. "Ces discussions porteront sur quatre thèmes, dont les " conditions d'ouverture des droits ", en particulier " l'importante question de l'âge (de départ) et de la durée (de cotisation), et le " pilotage financier du système " pour le ramener à l'équilibre d'ici à 2025, date de son entrée en vigueur. "Un système qui conduira donc à la disparition des régimes spéciaux et de multiples dérogations qui, à quelques exceptions près, n'ont plus lieu d'être", juge le Premier ministre. " Les discussions avec les partenaires sociaux la semaine dernière ont montré que pour certaines professions, l'application pure et simple du nouveau système conduirait à des effets de seuil considérables, parfois à de véritables injustices individuelles, a reconnu Edouard Philippe. On ne va pas le nier, c'est vrai. mais il y a des solutions".

Et les représentants des catégories professionnelles "impactées par la réforme " seront aussi reçus "d'ici le 15 octobre " par le haut-commissaire Jean-Paul Delevoye et les ministres concernés "pour dresser un état des lieux précis et chiffrés et pour se fixer un calendrier de travail ", a indiqué M. Philippe.

Mais aussi aux avocats, qui s'attendent à une mobilisation " extrêmement forte " lundi lors d'une manifestation parisienne à laquelle se joindront des médecins, infirmières, kinés, pilotes de ligne, hôtesses et stewards.

Sur le thème clef de l'âge de départ à la retraite ou de durée de cotisation, Edouard Philippe a répété un constat "factuel" selon lui: "L'âge légal de 62 ans est un âge minimal de départ à la retraite et non l'âge du taux plein pour tous". Il faudra attendre encore plusieurs mois pour connaître les détails de la future réforme des retraites "universelle" et "par points" que prépare le gouvernement. Puis a ajouté que compte-tenu de la démographie, les Français travailleraient, en toute logique, plus longtemps.

Idem pour les " inquiétudes (...) légitimes " entourant la définition de la valeur du point, qui conditionnera le montant des pensions et dont la gouvernance pourrait être partagée avec les partenaires sociaux. A la veille d'une journée de blocage massif dans les transports parisiens, le Premier ministre a, sur TF1, tenté de faire oeuvre de pédagogie sur le nouveau système universel qui remplacerait, à terme, les 42 régimes actuels (voir la vidéo ci dessus, l'intégralité de l'interview du Premier ministre). "Nous avons le temps d'examiner chaque situation, de faire converger les régimes de manière très progressive", a-t-il insisté.

Et selon un sondage Odoxa pour Franceinfo et Le Figaro, 72 % des Français ne font pas confiance au Premier ministre pour " proposer une bonne réforme des retraites ".

Dernières nouvelles