Attention, vendredi noir en vue — Grève RATP

Dix lignes de métro sont restées fermées hier. AFP

Dix lignes de métro sont restées fermées hier. AFP

A la sortie de la gare Saint-Lazare, "c'est un peu la foire d'empoigne", glisse une femme devant la file d'attente des taxis, pris d'assaut en ce vendredi noir dans les transports parisiens, perturbés par la grève des agents de la RATP contre la réforme des retraites. Selon les résultats d'un sondage YouGov pour Capital, la moitié des Français interrogés (50%) se disent opposés au mouvement de grève des agents de la RATP contre la réforme de leur régime spécial de retraite. Concernant les 4, 7, 8 et 9, quelques trains circuleront aux heures de pointe, mais mieux vaut ne pas compter sur eux. Côté métro, les lignes de métro numéro 1 et 14, entièrement automatisées, roulaient sans trop de difficultés et n'étaient pas trop surchargées contrairement aux lignes qui fonctionnaient de manière perturbée.

"Apparemment les gens ont réussi à s'organiser autrement". Des stations seront fermées, comme Montparnasse, Opéra ou Gare de l'Est. "Ce n'est pas étonnant car beaucoup de collègues se sont arrangés pour ne pas venir. On avait par exemple une réunion aujourd'hui mais elle a été reportée à la semaine prochaine", rapporte Gwenn, 39 ans, contrôleur de gestion, croisée à la station Bastille.

En revanche, à la gare du Nord, première d'Europe avec 700 000 voyageurs par jour (hors métro), les RER sont bondés d'usagers contraints de bricoler un trajet inhabituel. Un homme s'emporte: "Oui, je suis en colère, vous nous faites ch. avec vos retraites". "Ce n'est pas à nous qu'il faut dire ça", lui répond un agent.

Alors qu'Edouard Philippe s'étonnait encore jeudi soir des différences existant entre leurs conditions de départs à la retraite et celles d'un chauffeur de bus au Havre ou à Bordeaux, salariés sous le statut du régime général, les syndicats en grève refusent la notion de "privilèges ".

Promesse d'Emmanuel Macron, la réforme des retraites vise à mettre fin aux 42 régimes existants pour instaurer un régime universel par points en 2025 où un "euro cotisé donne les mêmes droits".

"Dans un contexte de changement profond et global du système ferroviaire" avec la réforme du rail votée l'an dernier, l'Unsa ferroviaire "souhaite adresser un signal clair au gouvernement en se joignant à la manifestation" parisienne du 24 septembre "pour la défense" des régimes spéciaux de retraite et des services publics, explique le syndicat dans un communiqué.

"Le principe même de ce régime universel, ce que j'appelle cette maison commune, dans laquelle tout le monde doit converger, c'est justement l'égalité, avec la même manière de prendre en compte les spécificités, les pénibilités ou la durée de carrière", a-t-il ajouté.

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