Un essai clinique illégal à l'abbaye Sainte-Croix de Saint-Benoît

Le Pr Henri Joyeux vice-président du Fonds Josefa à Paris le 7 novembre 2017

Le Pr Henri Joyeux vice-président du Fonds Josefa à Paris le 7 novembre 2017

On peut le résumer dans une formule: " Essai clinique sauvage ". L'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a annoncé le 19 septembre son interdiction.

"L'abbaye Sainte-Croix appartient au diocèse de Poitiers mais est gérée par une communauté bénédictine qui accueille des " hôtes " à qui elle propose des activités et avec qui elle partage " la psalmodie française de la liturgie ".

En pratique, "il semble que [les patients] passaient une nuit [à l'abbaye] et qu'ils subissaient une prise de sang le matin", explique Bernard Celli à l'AFP.

Soeur Martina assure qu'il n'y a pas eu de perquisition à l'abbaye.

L'ANSM a découvert cet essai illégal grâce à une inspection de contrôle menée début septembre au laboratoire où les prises de sang étaient envoyées pour analyse. Cet essai était dirigé par le très contesté professeur montpelliérain Henri Joyeux connu pour sa position anti-vaccins. "Donc, je ne vois pas ce qu'on vient nous sortir avec cette abbaye!" Bernard Celli, directeur de l'inspection à l'ANSM indique que le pôle Santé du parquet de Paris a été saisi. Mener un essai clinique sans autorisation est passible de 15.000 euros d'amende et d'un an de prison.

Découvrir de tels essais sauvages "est très rare, a fortiori quand ils sont de cette ampleur", a expliqué M. Celli, selon qui il s'agit "d'une atteinte grave au code de la santé publique et au code pénal". Et de regretter au micro de TF1 que ces personnes aient été "abusées", car "on leur a fait croire que ces patchs soignaient leur maladie".

Des essais cliniques qui avaient lieu "hors de tout cadre légal" ont été découverts dans l'abbaye Sainte-Croix, dans la Vienne. Mais ce sont des garde-fous.

L'expérimentation consistait à appliquer aux patients des patchs contenant deux molécules, appelées valentonine et 6-méthoxy-harmalan, dans l'espoir de traiter plusieurs maladies neurologiques (Parkinson, Alzheimer, troubles du sommeil?).

"La qualité, les effets et la tolérance de ces substances ne sont pas connus" et "un risque pour la santé des participants ne peut être exclu", a répliqué l'ANSM.

Mais pour l'ANSM, qui décidé de saisir la justice, les patients concernés ne doivent plus utiliser ces patchs, et aller consulter leur médecin. Cet essai illégal a été mené en partie dans l'Abbaye Saint-Croix, près de Poitiers, au sein d'une structure baptisée Fonds Josefa.

Il doit son nom à une religieuse catholique espagnole, soeur Josefa Menéndez, morte en 1923 à Poitiers. Elle est louée aujourd'hui encore par un groupe de personnes qui se reconnaît dans cette mystique mais que l'Église ne reconnaît pas.

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