L'OCDE attend la plus faible croissance mondiale depuis dix ans

OCDE: Une baisse de la croissance mondiale attendue en 2019

L'OCDE appelle à la mobilisation générale pour éviter une crise économique mondiale

"Tous les risques que nous observons nous entraînent vers un terrain dangereux pour la croissance, mais aussi pour l'emploi", a alerté Laurence Boone, la cheffe économiste de l'OCDE, lors de la présentation à la presse de prévisions de croissance très moroses pour l'économie mondiale.

Ce jeudi, l'OCDE a abaissé fortement ses prévisions de croissance pour l'économie mondiale en 2019 et 2020 en les ramenant à leur plus bas niveaux depuis la crise financière de 2008, suite aux incertitudes créées par la guerre commerciale sino-américaine, le Brexit et l'endettement privé.

L'institution s'attend désormais à la croissance mondiale " la plus faible depuis la crise financière avec des risques qui continuent de monter".

La croissance mondiale devrait passer cette année sous la barre des 3% pour chuter à 2,9%, soit 0,3 point de moins que lors des dernières prévisions de mai, et devrait rester pratiquement stable à 3% en 2020 (-0,4 point par rapport à la projection de mai), a estimé l'institution dans ses prévisions actualisées.

L'institution craint aussi " l'ampleur de la dette privée, dont la qualité se dégrade (et qui) pourrait amplifier les effets de chocs éventuels ".

Face à cette situation, l'OCDE appelle une nouvelle fois, sans citer de noms, les Etats à "mettre fin à l'envolée des droits de douane et des subventions qui faussent les échanges" et à "rétablir des règles prévisibles pour les entreprises". Si l'organisation appelle les banques centrales "à maintenir l'orientation accommodante de leur action dans les économies avancées", elle demande aux gouvernants de prendre leurs responsabilités: la politique monétaire serait plus efficace "si elle était davantage étayée par les politiques budgétaire et structurelles". L'OCDE recommande aux Etats de pratiquer la relance budgétaire en profitant de taux d'intérêt exceptionnellement faibles.

Sur le vieux continent, l'Allemagne, première économie européenne, a subi les révisions à la baisse les plus fortes, avec une croissance attendue à 0,5% cette année (-0,2 point) et à peine mieux l'an prochain à 0,6%, moitié moins que prévu lors des dernières prévisions en mai. Si l'Italie ne devrait pas croître en 2019 et rebondir légèrement l'an prochain à 0,4 % (-0,2 point), la France devrait faire mieux que ses deux principaux partenaires de la zone euro avec une croissance de 1,3 % en 2019 (sans changement) et 1,2 % en 2020 (-0,1 point).

L'économie britannique, en pleine incertitude sur le Brexit, ne devrait croître qu'au rythme de 1 % (-0,2 point par rapport à la dernière prévision) cette année et se replier à 0,9 % l'an prochain (-0,1). Il s'agit d'une révision spectaculaire par rapport au mois de mai, quand l'OCDE tablait encore sur une progression du PIB mondial de 3,2% cette année et de 3,4% l'année prochaine.

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