Ibuprofène, aspirine et paracétamol pourraient ne plus être en accès libre

Dans les pharmacies aspirine paracétamol et ibuprofène pourraient passer derrière le comptoir

Dès janvier plusieurs médicaments pourraient ne plus être directement accessibles en rayon dans les pharmacies. DAVID Thierry

Il s'agit de mettre fin au libre accès à compter de janvier 2020 pour limiter les risques liés mauvais usages qui sont vendus sans ordonnance.

Une mesure souhaitée par l'ANSM dès janvier 2020. Elle concernerait "36 spécialités à base de paracétamol et 46 à base d'ibuprofène ou d'acide acétylsalicylique (anti-inflammatoire)".

Ces médicaments pourront toujours être achetés sans ordonnance, mais ce que l'Agence du médicament ne veut plus voir, ce sont des patients qui prennent la mauvaise boîte à la pharmacie et se trompent d'usage explique le docteur Philippe Vella de l'Agence du médicament: "Si le patient se présente devant le pharmacien en lui parlant d'un certain type de douleurs, là le pharmacien pourra lui conseiller du paracétamol plutôt que l'ibuprofène". Une "procédure contradictoire" est en cours auprès des laboratoires concernés pour connaître leur avis. Mais cela ne changerait rien au fait qu'ils soient disponibles sans ordonnance. Tous ces médicaments pourraient bientôt être obligatoirement rangés derrière le comptoir des pharmacies, et non plus en accès libre dans les rayons. "Le déploiement a commencé, les premières boîtes devraient arriver courant octobre/novembre, et cela s'étalera jusqu'en avril-mai", selon le Dr Philippe Vella, directeur des médicaments antalgiques à l'ANSM. Par exemple, e paracétamol, s'il est pris à des doses trop élevées, peut provoquer de graves lésions du foie nécessitant une greffe ou pouvant être mortelles. D'après l'enquête sur cette affaire qui avait provoqué une vague d'émotion en France, la jeune Strasbourgeoise avait absorbé du paracétamol pendant plusieurs jours par automédication.

Pour un adulte sain de plus de 50 kg, la dose maximale est de 3 grammes par 24 heures, c'est-à-dire 1 gramme par prise avec un espace d'au moins 6 heures entre chaque prise. En outre, la durée maximale de traitement recommandée est de "3 jours en cas de fièvre, 5 jours en cas de douleur, en l'absence d'ordonnance", selon l'ANSM. C'est à l'issue de cette procédure que la décision finale sera prise.

De leur côté, les AINS "sont notamment susceptibles d'être à l'origine de complications rénales, de complications infectieuses graves et sont toxiques pour le fœtus en cas d'exposition à partir du début du 6e mois de grossesse", poursuit l'ANSM.

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