Les niveaux de dioxines "relativement faibles" — Incendie à Rouen

Ballots de paille souillés par la suie après l'incendie de l'usine Lubrizol le 30 septembre 2019

Société : Après l’incendie de l’usine Lubrizol à Rouen, le gouvernement va demander des contrôles

"En réalité, aujourd'hui, personne ne sait exactement ce que donnent ces produits mélangés lorsqu'ils brûlent". Enfin, le parquet de Rouen a annoncé renoncer au dossier repris par le Pôle de santé publique du parquet de Paris.

Plus de 5.000 tonnes de produits ont brûlé dans l'incendie de l'usine Lubrizol à Rouen, jeudi dernier. Depuis mardi, on connaît la liste exacte des 470 produits qui y étaient entreposés.

Des experts interrogés par l'AFP se montrent prudents. Selon Jean-François Narbonne, professeur honoraire de toxicologie à l'université de Bordeaux, "la grande question, ce sont les produits issus de la combustion, de type dioxines. Quand ça brûle, ça fait des choses qu'il faut identifier, ça peut produire des interactions", résume l'expert.

"Les conséquences c'est à court terme des nausées.et à moyen et long terme ce sont des conséquences à 10 ou 20 ans". Lucas Perrin, un lycéen rencontré hier par des journalistes, raconte que les élèves "défilaient à l'infirmerie" et que l'odeur était "pire à l'intérieur de l'établissement". "C'est forcément nocif", dit-il.

C'est la principale source d'inquiétude des habitants de Rouen, de Seine-Maritime, et même au-delà. Dans l'usine, il reste à évacuer 160 fûts endommagés, qui "participent aux émanations d'odeurs", déclare le préfet. Certains passeront plus de 40 heures sur place. Les responsabilités de cette mission d'information seront partagées entre majorité et opposition. Ils devaient auditionner la ministre de la Transition écologique Élisabeth Borne mercredi soir. Au palais du Luxembourg, une commission d'enquête serait "dans les tuyaux".

Par ailleurs, Sibeth Ndiaye, porte-parole du gouvernement, a souligné le 2 octobre que l'exécutif allait demander "à l'ensemble des dirigeants des sites Seveso d'effectuer des contrôles de sécurité". Les Rouennais, quant à eux, s'inquiètent des conséquences de cet incendie sur leur santé notamment.

La fédération Chimie-Energie CFDT réclame de son côté "la création d'un Bureau Enquête Accident (BEA) spécifique aux risques industriels majeurs, à l'image de l'aviation civile ou des transports".

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