Le gouvernement britannique fait feu de tout bois — Brexit

Suspension du parlement britannique : les idées derrière la tête de Boris Johnson

Brexit: reprise lundi de difficiles discussions entre l'UE et Londres

Londres et Bruxelles se sont mutuellement exhortées au "compromis" avant le début de négociations sur le Brexit lundi, le gouvernement britannique laissant entendre qu'il pourrait assouplir sa position sur les points "problématiques" du plan de Boris Johnson. Boris Johnson a à plusieurs reprises indiqué qu'il préférait être "mort dans un fossé" que de chercher à repousser une nouvelle fois la date effective du divorce avec les Européens.

Ce projet, destiné à remplacer l'accord de "filet de sécurité" conclu par Londres et Bruxelles lorsque Theresa May était Première ministre, vise à maintenir une frontière ouverte sur l'île d'Irlande avec l'introduction de deux frontières: une frontière douanière en Irlande et une frontière réglementaire entre l'Irlande du Nord et le reste du Royaume-Uni.

"Ce dimanche, Steve Barclay, ministre du Brexit, a, lui, exprimé le souhait d'" entrer dans des négociations intensives pour clarifier l'accord ".

Dans une lettre publiée par le Sunday Express et le Sun on Sunday, deux journaux pro Brexit, le dirigeant conservateur affirme avoir fait des "compromis" et appelle l'UE à faire de même.

Boris Johnson a de nouveau exclu, dimanche 6 octobre, un report du Brexit (prévu le 31 octobre) lors d'un entretien téléphonique avec Emmanuel Macron. "Rejoignez-nous à la table des négociations dans un esprit de compromis ".

De son côté, Emmanuel Macron a déclaré que "la négociation devait se poursuivre rapidement dans les prochains jours avec l'équipe de Michel Barnier [le négociateur en chef du Brexit pour l'UE], afin d'évaluer en fin de semaine prochaine si un accord est possible", selon l'Elysée.

Quant au deuxième problème identifié par les Européens - la complexité des propositions britanniques pour éviter le rétablissement d'une frontière entre l'Irlande et l'Irlande du Nord - "nous pouvons bien sûr entrer dans les détails de leur fonctionnement opérationnel", a-t-il affirmé, exhortant en même temps l'UE à faire preuve de "flexibilité" et "créativité". Une loi adoptée par le Parlement le contraint pourtant à repousser la date de divorce s'il n'y a pas d'accord au sommet européen des 17 et 18 octobre, afin d'éviter un "no deal" aux conséquences économiques et sociales potentiellement désastreuses. Le locataire du 10, Downing Street cherche apparemment à taire les critiques de ses opposants en vue de mener une nouvelle campagne auprès de l'Union européenne pour concrétiser le Brexit. Un article de notre partenaire, le Journal de l'environnement.

Mais, déterminé à faire sortir son pays "coûte que coûte" le 31 octobre, Boris Johnson pourrait ignorer cette loi et s'accrocher à son poste, mettant alors la reine Elizabeth II au défi de le limoger, selon le Sunday Times.

Un report doit en effet être approuvé à l'unanimité des Etats membres, et une seule défection suffirait à bloquer cette demande.

Le Telegraph a évoqué samedi la possibilité que la Hongrie de Viktor Orban vienne au secours de Boris Johnson.

"L'un de ses interlocuteurs, le Premier ministre finlandais Antti Rinne, dont le pays assure la présidence tournante de l'Union européenne, a déclaré avoir dit à M. Johnson qu'il était " important de trouver une solution d'ici une semaine ".

"Jusqu'à présent, il n'y a pas de demande de report, aussi n'y a-t-il pas matière à spéculations", a déclaré une source au ministère hongrois des Affaires étrangères.

Boris Johnson l'a encore répété ce vendredi: pas question de demander un report du Brexit aux dirigeants européens, " c'est le nouvel accord ou une sortie sans accord - mais pas de délai ".

"Les dirigeants de l'UE " ne doivent pas être sous l'influence d'illusions ou de malentendus", a ajouté Boris Johnson".

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