Les premiers mots de Paul Biya au terme du dialogue national — Cameroun

Cameroun: Biya lâche du lest face à l'opposition nationale et séparatiste anglophone

Cameroun: Paul Biya lâche du lest face à l'opposition après le grand dialogue

Tout porte à croire dans la liste des bénéficiaires de cette main tendue du président camerounais, figure le nom le président du mouvement pour la renaissance du Cameroun, Maurice Kamto. Ils sortiront de prison après les formalités administratives nécessaires à leur libération, a-t-il ajouté.

Les détenus et militants sont restés calmes dans la salle du tribunal mais ont laissé éclater leur joie à la fin de l'audience.

"Je ne sais pas si Maurice Kamto est concerné ou pas" par ce geste, a affirmé à l'AFP le troisième vice-président de son parti, Emmanuel Simh.

M. Kamto, 65 ans, professeur agrégé de droit et avocat au barreau de Paris, est arrivé deuxième à la présidentielle d'octobre 2018. L'on se souvient en effet, du 31 août 2017, date à laquelle "le président Paul Biya a ordonné l'arrêt des poursuites pendantes devant le tribunal militaire de Yaoundé contre Paul Ayah Abine, Félix Agbor Balla Nkon-gho et Neba Fontem Aforteka'a [deux dirigeants du Cameroon Anglophone Civil Society Consortium, (Cacsc)] et certaines autres personnes interpellées ".

Il leur est reproché d'avoir appelé à des manifestations contre la réélection de Paul Biya à l'élection présidentielle de 2018. Leur procès s'était ouvert le 6 septembre et devait reprendre théoriquement mardi prochain.

Le président Camerounais, Paul Biya, a lâché du lest à l'issue des rencontres du grand dialogue national ayant réuni au moins 1 500 participants.

Le président camerounais Paul Biya a annoncé vendredi l'arrêt des poursuites contre des responsables de l'opposition quelques heures après la clôture du Grand dialogue national censé mettre fin au conflit séparatiste qui ensanglante les deux régions anglophones du pays. A cela, vient s'ajouter la dernière actualité en date dans ce registre où, depuis hier 03 octobre, "l'arrêt des poursuites pendantes devant les tribunaux militaires contre 333 personnes arrêtées et détenues, pour des délits commis dans le cadre de la crise dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest", a été décidé par le chef de l'Etat.

Il conteste la réélection de M. Biya et avait été arrêté en janvier dernier avant d'être emprisonné en même temps que plusieurs de ses partisans.

Depuis le début de l'année, les pressions internationales exercées sur Yaoundé tant pour exiger une résolution de la crise dans l'Ouest anglophone que pour demander la libération de M. Kamto se sont intensifiées. L'inamovible chef de l'Etat, 86 ans, confronté depuis des mois à des crises graves inédites en 37 ans de pouvoir et d'intenses pressions internationales, semble ainsi jouer l'apaisement.

Dans l'Ouest, dans les deux régions peuplées principalement par la minorité anglophone (16 % des Camerounais), les combats et exactions des deux camps (groupes armés indépendantistes et militaires) ont fait environ 3000 morts en 2 ans, selon des ONGorganisations non gouvernementales, et forcé plus d'un demi-million de personnes à fuir leur domicile, selon l'ONUOrganisation des nations unies. Washington avait déclaré en mars qu'il serait "sage " de libérer des opposants, suivi de près par l'Union européenne, qui avait parlé de "procédure disproportionnée ".

Le président est bien conscient que le Cameroun est à la croisée des chemins parce qu'il fait face à d'importantes crises, commente pour l'AFPAgence France-Presse Richard Makon, un universitaire et politologue camerounais.

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