Préfecture de Paris: préméditation et radicalisation, la piste terroriste privilégiée

Selon le procureur Jean-François Ricard la scène était d’une extrême violence jeudi à la préfecture de police

Selon le procureur Jean-François Ricard la scène était d’une extrême violence jeudi à la préfecture de police. AFP Geoffroy Van Der Hasselt

Lors d'une conférence de presse, le procureur national antiterroriste a notamment précisé les raisons justifiant l'ouverture d'une enquête par la section antiterroriste, évoquant notamment la "volonté de mourir" de l'assaillant, "un contexte de radicalisation latente", et "les messages à caractère religieux envoyés à sa compagne" le jour de son passage à l'acte.

Les questions subsistent autour de la radicalisation du suspect présumé de la tuerie qui s'est produite à la préfecture de police de la capitale.

La proximité de cet informaticien de 45 ans, converti à l'islam, avec des personnes appartenant à la mouvance salafiste intrigue les enquêteurs, selon des sources concordantes. Les premières investigations ont relevé son "approbation de certaines exactions commises au nom "de l'islam, "son souhait de ne plus avoir certains contacts avec des femmes", "sa justification" des attentats de Charlie Hebdo en 2015, "son changement d'habitude vestimentaire depuis quelques mois", a déclaré le procureur antiterroriste".

L'opposition de droite Les Républicains a réclamé samedi la mise en place d'une commission d'enquête à l'Assemblée pour "faire la lumière " sur des "dysfonctionnements ".

Il avait un casier judiciaire vierge, mais avait fait l'objet d'une procédure pour violences conjugales en 2009, ce qui lui avait valu un blâme de l'administration trois ans plus tard.

"Il a acheté à 12H24, deux couteaux, un couteau de cuisine métallique de 33 cm muni d'une lame de 20 cm et un couteau à huître".

Michaël H. est l'auteur de l'attaque au couteau à la préfecture de police de Paris, survenue le jeudi 3 octobre 2020. Il y tient, selon l'analyse de téléphonie mobile, des "propos à connotation exclusivement religieuse qui se sont terminés par ces deux expressions: +Allah akbar+ puis +suis notre prophète bien aimé, Muhammad et médite le Coran+".

Comment a-t-il pu passer à travers les mailles du filet?

Il a ensuite tué une policière et blessé une employée des ressources humaines ainsi qu'un autre fonctionnaire, avant d'être abattu par un policier dans la cour de la préfecture.

L'enquête, diligentée jusqu'alors par le parquet de Paris, a été reprise sous les qualifications d " assassinat et tentative d'assassinat sur personne dépositaire de l'autorité publique en relation avec une entreprise terroriste', ainsi que pour 'association de malfaiteurs terroriste criminelle', a indiqué le Pnat vendredi.

'L'affaire est très grave'.

La piste d'un conflit personnel d'abord évoquéePeu après l'attaque jeudi, le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner avait pourtant indiqué que cet employé atteint de surdité, en poste à la PP depuis 2003, "n'avait jamais présenté de difficultés comportementales", ni "le moindre signe d'alerte".

Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner, sous le feu des critiques, sera l'invité dimanche du journal de 13h00 de TF1.

"Il est difficilement explicable qu'il soit passé sous les radars de la DRPP", un service dont l'une des missions est justement la lutte contre le terrorisme, explique une source policière qui pronostique "un séisme" à venir.

Dernières nouvelles