Près de 100 morts et 4000 blessés depuis mardi — Irak

Irak- Internet inaccessible à Bagdad suite à des manifestations meurtrières nées d’appels sur les réseaux sociaux

Irak : au moins cinq morts et des centaines de blessés dans des émeutes

Certains manifestants réclament la fin de la corruption, qui a déjà englouti plus de 410 milliards d'euros à l'Etat en 16 ans, d'autres demandent des services publics fonctionnels pour mettre fin à des décennies de pénurie d'électricité et d'eau potable, ou s'élèvent contre le taux de chômage de 25% qui touche les jeunes à Bagdad. Des journalistes de l'AFP rapportent que de nombreux manifestants marchaient dans l'après-midi vers la place Tahrir, centre emblématique de la capitale irakienne.

Aucune organisation, aucun parti politique ou leader religieux ne s'est déclaré à l'origine des appels à manifester qui ont récemment fleuri sur les réseaux sociaux. La plupart des manifestants tués l'ont été par balles, selon des sources médicales citées par l'AFP.

Il a ajouté que plus de 6.000 personnes ont été blessées à Bagdad et dans plusieurs villes du sud rapidement gagnées par la contestation. Cité par le journal arabophone libanais Al-Akhbar, un porte-parole du ministère de la Défense, Tahsin al-Khafaji, évoque ainsi des "tireurs infiltrés dans la foule qui visent à la fois les manifestants et les forces de sécurité afin de créer une sédition".

Aussitôt après, la municipalité de Bagdad a déclaré jeudi jour chômé pour les fonctionnaires, ce qui pourrait permettre aux forces de l'ordre de renforcer leur quadrillage de cette ville tentaculaire de neuf millions d'habitants et de resserrer l'étau autour des manifestants. "Les discours d'Abdel Mahdi et de Sistani sont les mêmes pour moi".

Adel Abdel Mahdi ne s'est exprimé jusqu'à présent que par communiqué, saluant "la retenue des forces armées " et annonçant le couvre-feu à Bagdad, tandis que le bureau du Premier ministre affirmait avoir rencontré des "représentants des manifestants ".

Et pour éviter un déferlement de protestataires dans la Zone verte où siègent les plus hautes institutions irakiennes et l'ambassade américaine, les autorités ont fermé ce secteur, rouvert à la circulation en juin après des années d'interdiction. Le leader chiite incite ses partisans à organiser des sit-in pacifiques.

A Bagdad, Najaf et Nassiriya, un couvre-feu a été décrété jeudi.

Le 3 octobre à Bagdad, la contestation tourne à la bataille rangée sur des axes menant à la place Tahrir. "Cinq jours de morts et de blessés (.) Il faut que ça cesse (.) J'appelle toutes les parties à s'arrêter et à réfléchir", a écrit Jeanine Hennis-Plasschaert, cheffe de la mission des Nations unies en Irak, sur Twitter.

Amnesty international exhorte Bagdad à " ordonner immédiatement aux forces de sécurité de cesser d'utiliser une force, notamment létale, excessive ".

Dans une allocution télévisée au cours de la nuit, le Premier ministre, Adel Abdoul Mahdi, a dit comprendre la frustration de la population mais souligné qu'il n'existait pas de " solution magique " aux problèmes du pays.

De violents affrontements opposant à Bagdad des forces anti-émeutes à des manifestants continuent en fin de soirée, avec des tirs résonnant sans arrêt.

Les autorités accusent depuis mardi des " saboteurs " d'infiltrer les manifestations et de causer des morts.

Le plus haut dignitaire chiite d'Irak, l'ayatollah Ali al Sistani, a lancé un appel au calme vendredi.

Moqtada Sadr, dont la coalition participe au gouvernement, a repris vendredi à son compte la principale revendication des manifestants et appelé le gouvernement à démissionner pour empêcher davantage d'effusion du sang.

Le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'Homme demande une enquête " rapide " et " transparente " sur les morts.

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