Hong Kong : les manifestants bravent l'interdiction de manifester le visage masqué

Même en étant clairement identifiés comme membres de la presse les journalistes sont devenus des cibles

Même en étant clairement identifiés comme membres de la presse les journalistes sont devenus des cibles

Lundi, jour férié à Hong Kong, de nombreuses stations de métro demeuraient fermées et le réseau restait en grande partie perturbé, obligeant les 7,5 millions d'habitants, très dépendants du métro, à s'armer de patience pour trouver un autobus ou un taxi.

"Je pense que l'une des conditions de mise en œuvre de l'interdiction d'internet serait de ne pas affecter les entreprises de Hong Kong", a tempéré ce membre du conseil exécutif, l'organe consultatif de la cheffe de l'exécutif Carrie Lam.

La loi d'urgence invoquée par Carrie Lam date de 1922, une époque où Hong Kong était une colonie britannique, n'avait plus été utilisées depuis 1967.

Li Ka-Shing, le célèbre magnat de Hong Kong, fait sensation.

Hong Kong traverse depuis quatre mois sa pire crise politique, avec des manifestations quasi-quotidiennes pour dénoncer le recul des libertés ainsi que la mainmise grandissante de Pékin sur les affaires de la région semi-autonome, et exiger des réformes démocratiques.

Mme Lam a refusé toute concession majeure, sans proposer de solution politique, laissant la situation dégénérer dans des heurts de plus en plus violents entre radicaux et policiers.

Les manifestants protestaient notamment contre l'utilisation de pouvoirs d'urgence par le gouvernement pour interdire le port de masques dans les rassemblements publics. Un peu partout à travers le territoire semi-autonome, des manifestants, le visage dissimulé sous un masque, ont participé samedi après-midi à des rassemblements spontanés et non autorisés.

Les pires échauffourées jusqu'ici ont eu lieu le 1er octobre, au moment-même où la Chine populaire fêtait son 70e anniversaire: pour la première fois, un policier a tiré à balle réelle sur un étudiant de 18 ans, le blessant grièvement.

Fait rarissime, plusieurs chaînes de supermarchés et centres commerciaux étaient aussi fermés, poussant des habitants à se ruer sur les rares magasins ouverts afin de faire des réserves.

Un adolescent de 14 ans a également été blessé par balle vendredi soir par un policier en civil qui était entouré par un groupe de manifestant jetant des cocktails Molotov.

Dès la promulation de l'édit, le 4 octobre le Shunpo (Hong Kong Economic Journal) avait averti: "Pour venir à bout de l'agitation, l'usage d'un remède trop fort peut être contre-productif".

L'interdiction des masques a été sans effet sur les manifestants, qui y recourent pour dissimuler leur identité et se prémunir de poursuites judiciaires mais aussi se protéger des lacrymogènes.

"Je crois que c'est une des questions de constitutionnalité les plus plus importantes de l'histoire de Hong Kong", a déclaré dimanche aux journalistes le député Dennis Kwok, avant la décision de la Haute cour. Masques antipollution en tissu, carrés de papier antimicrobiens, masques à gaz contre les lacrymos, simples foulards noués ou masques fantaisistes, les manifestants ont fait preuve d'imagination pour montrer leur opposition à la loi d'urgence édictée vendredi par le gouvernement local.

Le mouvement de protestation a débuté en juin contre un projet de loi qui visait à autoriser les extraditions vers la Chine continentale.

"Nous ne pouvons laisser les émeutiers détruire davantage notre Hong Kong chérie", a-t-elle déclaré samedi dans une vidéo enregistrée, le visage de marbre.

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