Londres et Bruxelles au bord de la rupture — Brexit

Brexit: Aucun report de possible a fait savoir Johnson à Macron

Bloomberg Getty Images

Pour tenter d'obtenir un nouvel accord de Brexit avant le sommet européen des 17-18 octobre, Boris Johnson a présenté la semaine dernière à Bruxelles un "compromis" visant à résoudre le principal point de blocage, la clause de sauvegarde pour la frontière irlandaise ("backstop") censée éviter le rétablissement d'une frontière dure à travers l'île d'Irlande et préserver ainsi les accords de paix de 1998 qui ont mis fin à trente années de troubles confessionnels en Irlande du Nord.

Sans attendre cette échéance, les deux parties ne cachent pas leur pessimisme, semblant préparer les esprits à une sortie sans accord, voire au report voulu par le Parlement britannique. Les négociations n'ont pour l'instant pas permis de régler les points de désaccord et des sources britanniques ont jugé mardi un accord très improbable après un entretien téléphonique difficile entre Boris Johnson et Angela Merkel.

La chancelière allemande, ajoute-t-on de même source, a expliqué au dirigeant conservateur que le Royaume-Uni ne pouvait quitter l'Union européenne sans laisser la province britannique d'Irlande du Nord dans une union douanière avec les Européens. Ce que Londres refuse, son plan prévoyant un alignement réglementaire, mais pas douanier, avec la république d'Irlande, membre de l'UE.

"Sur Twitter, le président du Conseil européen, le Polonais Donald Tusk, a accusé Boris Johnson de jouer avec " l'avenir de l'Europe et du Royaume-Uni " en se prêtant à un " stupide jeu de reproches " sur les responsabilités d'un échec des négociations".

Mais le plan Johnson a été fraîchement accueilli par ses partenaires et, selon la BBC, les négociations à Bruxelles étaient même au bord de la rupture mardi en fin de matinée.

Les discussions devaient se poursuivre mardi à Bruxelles, après que Londres eut tenté la veille d'apporter des clarifications.

Le plan de Johnson propose la sortie de l'Irlande du Nord de l'Union douanière européenne, à l'instar du reste du Royaume Uni, mais concède que les lois européennes continueront à s'appliquer en matière de circulation de biens, notamment agroalimentaires, avec la création d'une "zone de régulation" en Irlande du Nord, à condition que le parlement et l'exécutif irlandais y consentent.

Mais selon une source européenne, "rien n'a bougé".

Arrivé au pouvoir fin juillet, Boris Johnson s'est engagé à sortir le Royaume-Uni de l'UE à tout prix le 31 octobre, malgré une loi le contraignant à demander un report si aucun accord n'est trouvé d'ici au 19 octobre, juste après ce sommet européen présenté comme celui de la dernière chance.

Le gouvernement britannique a également assuré être "préparé" à un Brexit sans accord. Mais le centre de réflexion Institute for Fiscal Studies (IFS) en a dressé un scénario noir, avec un plongeon de l'activité économique et une explosion du déficit public du Royaume-Uni. Si un nouveau délai était accordé, Boris Johnson fera campagne pour un " no deal " en cas d'élections législatives anticipées, afin de " marginaliser " l'europhobe Parti du Brexit, a prévenu la source. Selon l'ex-ministre du Travail Amber Rudd, qui a démissionné du gouvernement en septembre, cette source serait Dominic Cummings, conseiller spécial de Boris Johnson et cerveau de la victoire du "Leave" lors du référendum sur le Brexit en 2016.

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