Destitution: la Maison-Blanche choisit la carte de l'obstruction

Donald Trump et l'ambassadeur des Etats Unis auprès de l'Union européenne Gordon Sondland en juillet 2018 en Belgique

Procédure de destitution : Donald Trump refuse de coopérer à l’enquête du Congrès

La Maison-Blanche a qualifié mardi d'enquête " partisane et anticonstitutionnelle " et a déclaré que le président Trump ne coopérerait pas tant que les démocrates n'auraient pas mis en place un processus équitable qui respecte ses droits.

L'enquête a pour objet de déterminer si Trump a utilisé près de 400 millions de dollars d'aide à l'Ukraine approuvée par le Congrès pour faire pression sur le président ukrainien afin qu'il ouvre une enquête sur l'ancien vice-président Joe Biden, l'un des principaux rivaux démocrates de Trump, qui souhaite être réélu en 2020.

Le point de départ est simple: un échange téléphonique, au coeur de l'été, entre le président des Etats-Unis et son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky au cours duquel M. Trump lui a demandé de chercher des informations compromettantes sur son rival Joe Biden.

L'issue de la crise constitutionnelle qui démarre sera lourde de conséquences pour le milliardaire républicain, mais constituera aussi un test pour les institutions démocratiques américaines. "Maintenant, ils doivent s'excuser auprès de moi et mettre fin à cette accusation ridicule", a-t-il tweeté mercredi, faisant référence à une lecture à la Maison Blanche de l'appel de juillet.

Les démocrates, qui ont souvent des difficultés à trouver le bon ton, ou la bonne stratégie face au style résolument provocateur de Donald Trump, s'efforcent de démontrer que l'affaire ukrainienne est de nature différente des scandales qui ont jusqu'ici éclaboussé sa présidence.

L'enquête sur le républicain Trump bénéficie d'un soutien important de la part des démocrates au Congrès, mais il est peu probable qu'elle soit adoptée par le Sénat à majorité républicaine.

La bataille devrait rapidement passer sur le terrain juridique.

Empêcher le Congrès d'avancer dans son enquête pourrait constituer une entrave à la justice, rappellent-ils par ailleurs, soulignant que cela avait été l'un des trois motifs de destitution retenus à l'encontre du président Richard Nixon en 1974, avant sa démission. Donald Trump estime lui que cet appel était "parfait".

"Tôt ce matin, le département d'État américain a demandé à l'ambassadeur Gordon Sondland de ne pas se présenter aujourd'hui" à la déposition prévue à la Chambre des représentants, a indiqué son avocat Robert Luskin.

Les avocats du lanceur d'alerte se sont attachés à protéger l'identité de la personne lors de tout témoignage, selon des sources proches des pourparlers.

Trump a à plusieurs reprises critiqué l'enquête et les démocrates qui la dirigent, et a appelé à ce que le lanceur d'alerte soit dénoncé.

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