Kaïs Saïed confirme sa présence, Nabil Karoui encore indécis — Débat télévisé

INTERVIEW EUROPE 1 - Tunisie : l'épouse du candidat Nabil Karoui accuse la justice de

Ennahda et Qalb Tounes de Karoui en tête des résultats

Arrivé deuxième au premier tour de l'élection présidentielle tunisienne, il demeure pourtant toujours en prison.

Le candidat à la présidentielle tunisienne Nabil Karoui a été accueilli en héros mercredi soir à sa sortie de prison, un coup de théâtre à quatre jours du second tour qui l'oppose au juriste indépendant Kais Saied.

La Cour de cassation a décidé mercredi de libérer M. Karoui, qui reste inculpé de fraude fiscale et de blanchiment d'argent.

Le magnat de 56 ans a dénoncé "une arrestation illégale orchestrée par des partis politiques" et a demandé le report d'au moins une semaine du scrutin, afin que les électeurs aient une autre vision que celle d'un choix "entre un mafieux [ainsi que le qualifient ses contempteurs, ndlr] et un je ne sais pas quoi".

Toutes les demandes de remise en liberté avaient jusque là été rejetées, la dernière en date le 1er octobre.

"La participation lors des troisièmes législatives depuis la révolution de 2011 en Tunisie a atteint 41,3%", a indiqué l'instance chargée des élections (Isie).

Cette libération a éclipsé la confirmation officielle que le parti d'inspiration islamiste Ennahdha était arrivé en tête aux législatives de dimanche avec 52 sièges sur 217, devant son principal rival, le parti de Nabil Karoui, Qalb Tounes, 38 sièges.

Le parti social-démocrate Attayar ("Courant démocrate") du militant des droits de l'homme Mohammed Abbou a obtenu 22 sièges, marquant une nette progression de cette formation.

Signe des profondes divergences qui s'annoncent, le mouvement islamo-populiste Karama de son côté a 21 sièges et le parti anti-islamiste PDL 17 sièges.

Ces résultats confirment l'émiettement du Parlement, entre des formations profondément divergentes, augurant de négociations ardues pour former un gouvernement puis légiférer.

Les experts, les constitutionnalistes et les politologues qui ont déjà prophétisé les résultats issus des urnes dimanche 6 octobre sont quasi unanimes sur l'impossibilité de voir Ennahda réussir dans sa mission de former un gouvernement dans les délais prévus par la Constitution, à savoir deux mois au bout desquels le chef de l'État chargera la personnalité qu'il jugera la plus apte à réussir à former le gouvernement.

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