La France appelle les contributeurs à envoyer "un signal fort" — Fonds mondial

Bono- DR

Objectif 14 milliards à Lyon pour éliminer sida, paludisme et tuberculose

Ce jeudi, Emmanuel Macron s'est mis au travail à Lyon, où il participe à la sixième Conférence de reconstitution des ressources du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme.

Il a tout particulièrement sollicité le Japon, la Norvège et l'Australie, ainsi que les Emirats Arabes Unis, le Qatar et l'Arabie Saoudite, qu'il a appelés à se "réconcilier" diplomatiquement autour d'un effort financier commun en faveur du Fonds.

"Je compte sur chacun d'entre vous pour réunir les financements nécessaires pour donner au Fonds mondial les moyens de soutenir les pays les plus touchés" par les trois pandémies, a-t-elle déclaré lors de cette conférence de refinancement du Fonds pour la période 2020-2022. "Nous tous, États, entreprises, chercheurs, ONG, citoyens avons aujourd'hui la responsabilité d'intensifier nos investissements", a exhorté la ministre, rappelant que "la France est le deuxième donateur historique (du Fonds) avec plus de 4,6 milliards d'euros de dons cumulés". Un montant qui n'a pas augmenté depuis 2010 (1,08 milliard d'euros).

De quoi décevoir les ONG. Un collectif de 12 organisations de la société civile, dont Aides, Oxfam, Solidarité sida ou Sidaction, avait en effet réclamé une hausse "d'au moins 25%" pour la France, soit 270 millions.

Depuis des heures, le président français, mais aussi Bill Gates et Bono, également présents entre Rhône et Saône, tentent de mobiliser un maximum de pays en appelant les chefs d'Etat réfractaires. "Mais avec une hausse de 15%, il fait le minimum syndical". "Je ne laisserai personne sortir de cette pièce ou quitter Lyon tant que les 14 milliards n'auront pas été obtenus. Il y avait le risque d'un relâchement", a souligné M. Macron. L'objectif a d'éradiquer les trois maladies, qui tuent près de 3 millions de personnes chaque année, d'ici 2030. "Si nous ne gagnons pas ces batailles, nous pouvons tout perdre", a-t-il ajouté. Mais "nous n'avons pas le droit de ne pas avancer plus", au risque de voir les trois grandes pandémies repartir à la hausse, a fait valoir M. Macron, face à sept présidents africains, des diplomates et des scientifiques.

M. Macron a multiplié les coups de téléphone pour tenter de boucler le budget, alors que la force du dollar rend l'effort plus difficile.

Le total des sommes collectées doit être communiqué à la mi-journée.

Amanda Dushime, 18 ans, une Burundaise née avec le VIH, avait mis d'entrée les participants devant leurs reponsabilités.

Cette rencontre a pour ambition d'atteindre au moins 14 milliards de dollars pour le prochain cycle de financement de trois ans du Fonds mondial. En 2018, près de 38 millions de personnes vivaient avec le VIH et le nombre d'infections, de l'ordre de 1,7 million, "reste inacceptable", selon le Fonds.

"Mais pour atteindre la cible des 14 milliards et que la France retrouve sa place de leader européen, il faudrait une hausse de 45%", estime Enzo Poultreniez, responsable chez Aides, évoquant le "mauvais calcul" de ceux qui "rechignent à investir".

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