Ouïghours: Washington place 28 organisations chinoises sur liste noire

AP              Mike Pompeo a rencontré mardi son homologue estonien Urmas Reinsalu à Washington

AP Mike Pompeo a rencontré mardi son homologue estonien Urmas Reinsalu à Washington

Les Etats-Unis ont imposé des restrictions à la délivrance de visas à plusieurs membres du gouvernement et du Parti communiste chinois jugés responsables d'atteintes aux droits de la minorité musulmane de la province du Xinjiang, a annoncé mardi le département d'Etat américain.

Ces entités ne peuvent plus importer de produits depuis les Etats-Unis.

Parmi les entités concernées figure la société spécialisée dans la vidéosurveillance Hikvision et les entreprises d'intelligence artificielle Megvii Technology et SenseTime, selon un document officiel qui doit être publié mercredi aux Etats-Unis.

Selon des organisations de défense des droits humains ainsi que la diplomatie américaine, plus d'un million de musulmans, principalement de l'ethnie turcophone ouïgoure, sont détenus dans des camps de rééducation politique dans cette région du nord-ouest chinois.

CHINE Les "centres de formation professionnelle" ciblant les Ouïghours suscitent l'ire des défenseurs des droits humains. Vingt organisations gouvernementales, dont le bureau local de la sécurité publique (l'équivalent du ministère de l'Intérieur), et huit entreprises n'ont désormais plus le droit d'avoir des relations avec les Etats-Unis.

"Cette mesure permettra que nos technologies (.) ne soient pas utilisées pour réprimer des populations minoritaires sans défense", a expliqué le ministre du Commerce Wilbur Ross.

"Ces entités ont toutes été impliquées dans la mise en place de la campagne chinoise de répression, de détention arbitraire de masse et de surveillance de haute technologie", précise le communiqué américain. Cotée et valorisée 42 milliards de dollars, elle se revendique comme le numéro un mondial des équipements de vidéosurveillance.

Megvii, qui appartient au géant du commerce en ligne Alibaba, a affirmé dans un communiqué s'opposer "fermement" à une décision américaine "sans aucun fondement", qui "dénote une incompréhension de notre entreprise".

Le département du Commerce a ajouté 28 noms à une liste noire de sociétés et d'organismes publics chinois auxquels la vente de composants américains est interdite sans autorisation officielle. Partenaire des groupes américains Qualcomm et Nvidia, SenseTime s'est de son côté dite "profondément déçue " de la décision de Washington et a indiqué qu'elle allait "travailler étroitement avec toutes les autorités concernées pour comprendre parfaitement et dénouer la situation ".

Alors que l'administration de Donald Trump et Pékin se livrent depuis plus d'un an une guerre commerciale sans merci, Pékin accuse les Etats-Unis d'utiliser la question du Xinjiang "comme prétexte pour s'ingérer dans les affaires intérieures de la Chine". Le groupe chinois est menacé de perdre son accès à Android, le système d'exploitation américain qui équipe l'immense majorité des smartphones dans le monde.

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