Le gouvernement désavoue Mezouar et dénonce ses déclarations sur l'Algérie

CGEM Déclarations

Maroc: démission du patron des patrons après de propos sur l'Algérie

Mezouar a notifié sa démission dans un courrier électronique adressé aux membres de la Confédération, Salaheddine Mezouar, où il affirme avoir pris cette décision pour " des raisons de contraintes personnelles majeures ". Il n'a pas donné davantage de détails pour expliquer son départ précipité.

Cette démission a été prise après une intervention du patron des patrons lors de la World Policy Conference qui se tient à Marrakech, considéré déplacée par le ministère des Affaires étrangères, qui a indiqué dans un communiqué que " le gouvernement de Sa Majesté le Roi dénonce la démarche irresponsable, maladroite et irréfléchie de M. Salaheddine Mezouar, président de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), qui a cru devoir commenter la situation interne en Algérie lors d'une conférence internationale tenue à Marrakech. "Le pays n'a aucun intérêt à s'immiscer dans la situation interne du pays voisin ni à la commenter".

"Le gouvernement (...) dénonce cette démarche irresponsable, maladroite et irréfléchie", insiste le ministère qui dénie à l'ancien ministre, en des termes virulents, le droit de "se substituer au gouvernement (...) dans la prise de position sur les questions internationales et notamment les développements dans ce pays voisin". "La position du royaume à ce sujet est claire et constante", assure Nasser Bourita. "Elles ne peuvent, de par leur complexité et leur gravité, faire l'objet d'improvisations hasardeuses, ni exprimer des points de vue personnels", avait-t-il alors expliqué.

Le communiqué des Affaires étrangères marocaines ne mentionne pas les propos reprochés à M.Mezouar mais, selon des médias marocains, le chef du patronat avait salué, lors d'un récent forum économique international à Marrakech, "le mouvement pacifique que connaît l'Algérie". On peut noter une sorte d'ironie de voir un ancien chef de la diplomatie tancé par son successeur le poussant même à démissionner d'une organisation professionnelle censée être indépendante de toute autorité gouvernementale.

Mezouar avait été élu, en mai 2018, à la tête de la CGEM.

Dernières nouvelles