Une intervention de la reine et une semaine décisive — Brexit

Le Premier ministre britannique Boris Johnson devant le 10 Downing Street à Londres le 3 octobre 2019

Brexit: l'UE prévient qu'il "reste beaucoup de travail" avant un accord

"Quelle journée étrange. Le discours de la reine est habituellement un événement énorme, mais là c'était différent." . Elle a ainsi assuré, ce lundi, qu'une sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne le 31 octobre constituait la "priorité" du gouvernement, reprenant les thermes de Boris Johnson. "Mon gouvernement prévoit de travailler à la mise en place d'un nouveau partenariat avec l'Union européenne sur la base du libre-échange et d'une coopération amicale", a lu la reine de 93 ans, se faisant la porte-parole du gouvernement sous les ors de la chambre des Lords, au côté de son fils, le prince Charles. Il souhaite en revanche mettre fin à la libre circulation des citoyens de l'UE après le Brexit, avec un système d'immigration à points dont l'entrée en vigueur est prévue pour 2021. Venue depuis Buckingham Palace en carrosse doré, après avoir longé Saint James' Park et remonté Parliament Street, dans le centre de Londres, Elisabeth II a prononcé à Westminster le discours de politique générale du gouvernement de Boris Johnson.

Le programme du gouvernement prévoit également de nouveaux régimes en matière de pêche, d'agriculture et de commerce après la sortie de l'UE. Il reste cependant très hypothétique, des élections semblant inéluctables pour sortir de la crise politique dans laquelle le Brexit a plongé le pays.

Un accord atténuant les effets de la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne est toujours dans la balance alors que des diplomates rapportent lundi que les Européens veulent davantage de concessions de Boris Johnson et jugent improbable qu'un pacte soit trouvé d'ici la fin de la semaine.

" Un accord est possible et c'est possible ce mois-ci". Michel Barnier a informé dimanche soir à Bruxelles les 27 ambassadeurs de l'UE de l'avancée de ses discussions avec le Royaume-Uni. Londres et Bruxelles ne parviennent pas à s'entendre sur la manière d'éviter, après le Brexit, un retour à une frontière physique entre l'Irlande du Nord, province britannique, et la République d'Irlande, qui restera membre de l'UE, et de préserver la paix sur l'île, qui a connu plusieurs décennies de violences. Les dirigeants européens se réuniront jeudi et vendredi pour un sommet à Bruxelles, présenté comme celui de la dernière chance pour éviter une sortie de l'UE sans accord aux conséquences douloureuses, ou un troisième report prolongeant l'incertitude sur le chemin que prendra le Royaume-Uni après quarante-six ans dans le giron européen.

Pour tenter de sortir de l'impasse, Boris Johnson s'est entretenu jeudi dernier avec son homologue irlandais Leo Varadkar.

S'il parvient à conclure un accord, Boris Johnson aura encore la lourde tâche de convaincre le Parlement, très divisé sur le Brexit.

Les députés devraient siéger lors d'une séance extraordinaire du Parlement le 19 octobre, qui s'annonce décisive pour le Brexit, pour la première fois un samedi depuis la guerre des Malouines en 1982. Le dirigeant l'exclut catégoriquement, après déjà deux reports du Brexit depuis qu'il a été voté par référendum en juin 2016.

Cette requête en vue de repousser la date du divorce devra être approuvée à l'unanimité par les États membres de l'UE.

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