Le président chilien remanie son gouvernement, nouvelles violences

Chili le président remanie son gouvernement nouvelles violences

Des pompiers luttent contre un incendie après une manifestation antigouvernementale à Santiago le 28 octobre 2019- Claudio REYES

Comme la veille, des incidents isolés ont éclaté aux abords du rassemblement entre protestataires et forces de l'ordre, lorsque des manifestants, mobilisés sous le mot d'ordre " Marquons l'histoire devant La Moneda " ont tenté de se diriger vers le palais présidentiel, protégé par un large périmètre de sécurité. Quelques commerces ont été pillés, un immeuble abritant un centre commercial a également été incendié.

Le président a répondu en remplaçant, ce lundi 28 octobre, un tiers de son gouvernement, dont les ministres les plus contestés (Intérieur, Finance, Economie).

De leur côté, les mineurs chiliens d'Escondida, plus grande mine de cuivre au monde située dans le nord du pays, entameront mardi une grève de 24 heures, en soutien au mouvement de protestation.

Alors que la capitale avait semblé retrouver dans la matinée une certaine normalité, avec la réouverture de nombreux commerces et même des embouteillages, les fumées des barricades enflammées et des gaz lacrymogènes ont à nouveau envahi le centre-ville.

" Il ne s'agit pas de gens qui veulent la justice sociale, qui veulent que les choses aillent mieux, ce sont des gens qui veulent la destruction, le chaos", avait réagi Karla Rubilar, la nouvelle porte-parole du gouvernement.

Des affrontements ont aussi été rapportés par les médias locaux dans les villes de Concepcion et Valparaiso, où se trouve le siège du Parlement. Il a nommé Ignacio Briones, professeur d'économie, en remplacement du ministre des Finances, Felipe Larrain.

Elle avait alors souligné le contraste avec la mobilisation historique du 25 octobre où 1,2 million de personnes, selon des chiffres officiels, avaient manifesté pacifiquement.

Le dirigeant de centre droit a limogé lundi le ministre de l'Intérieur, Andres Chadwick, cible des critiques pour avoir décrit les manifestants comme des "criminels". Ce cousin de M. Pinera faisait l'objet de vives critiques depuis le début de la vague de contestation sociale qui a fait 20 morts, dont cinq par l'intervention des forces de sécurité, et des centaines de blessés. Il avait suscité l'ire de la population en lui conseillant de "se lever plus tôt" pour éviter la hausse du tarif du ticket de métro appliquée aux heures de pointe.

" Par-dessus tout, elles reflètent la ferme volonté de notre gouvernement et l'engagement fort de chacun d'entre nous en faveur d'un Chili plus juste et plus équitable sur le plan social ", a-t-il ajouté. Une mission de l'ONU pour enquêter sur ces cas de violations des droits de l'homme est attendue dans les prochains jours dans le pays.

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