Luxe: LVMH offre 14,5 milliards de dollars pour le joaillier Tiffany

Actualités du monde : LVMH veut s'emparer du joaillier américain Tiffany

Luxe. LVMH veut s’emparer du joaillier américain Tiffany

Selon le Wall Street Journal, le groupe français aurait soumis une offre entièrement en cash de 120 dollars par action, soit plus de 20% au-dessus du cours de l'action Tiffany à la clôture des marchés vendredi 25 octobre. Ce chiffre pourrait bientôt passer à 76, puisque le groupe dont Bernard Arnault est le principal actionnaire a des visées sur l'américain Tiffany. Car la performance boursière du joyau new-yorkais est restée à la traîne de la moyenne du secteur du luxe - sans parler de ses leaders - entre la prise de fonction du patron Alessandro Bogliolo en 2017 et la mi-octobre, juste avant l'offre non contraignante.

Il est toutefois "peu probable que les actionnaires de Tiffany acceptent cette proposition initiale", de 14,5 milliards de dollars, "étant donné qu'elle ne représente qu'une prime modeste par rapport à sa valorisation actuelle", estime Michael Hewson, analyste pour CMC Markets.

Ce serait un énorme coup pour LVMH puisque le bijoutier est valorisé la bagatelle de douze milliards de dollars à la New York Stock Exchange (NYSE).

Aujourd'hui, LVMH est un groupe diversifié dans le monde du luxe qui réalise seulement 9 % de son chiffre d'affaires dans le secteur montres - joaillerie (4,1 milliards d'euros de chiffre d'affaires pour une marge opérationnelle de 703 millions d'euros) au travers des maisons Bulgari, Chaumet, Fred, Hublot, Tag Heuer et Zenith.

Après avoir gagné près de 1,5% en début de séance, le titre LVMH progresse encore, vers 10h25, de 0,27% à 385 euros alors que le CAC 40 recule pour sa part de 0,16%.

Tiffany est attendu en forte hausse à l'ouverture, soutenu par l'offre de LVMH. Celle-ci a revendu Tiffany cinq ans plus tard pour 135 millions de dollars, via un LBO (rachat par endettement), à un consortium d'investisseurs.

JPMorgan juge que LVMH est l'acteur européen du secteur le mieux placé pour réussir un redressement de Tiffany, maison fondée en 1837, ajoutant qu'une telle acquisition dissuaderait sans doute le groupe français de réaliser d'autres acquisitions importantes "au moins pour longtemps" sans l'empêcher de se lancer dans des opérations de plus petite taille.

De son côté, LVMH a indiqué laconiquement qu'il 'a engagé des discussions préliminaires' avec l'américain, sans plus de précision.

Une acquisition des pendentifs et des bracelets Tiffany pourrait permettre à LVMH de limiter par ailleurs les effets négatifs des tensions commerciales qui menacent la demande pour le luxe en Chine. En tout cas, elle constituerait l'une des plus grosses acquisitions du groupe français, présent dans différents secteurs d'activité, allant de la mode aux vins et spiritueux en passant les parfums, les cosmétiques et la distribution sélective.

"Tiffany est potentiellement la plus grande proie et la seule marque de luxe mondiale aux États-Unis", ont déclaré les analystes de Jefferies. Sa réputation avait été popularisée par le roman " Petit-déjeuner chez Tiffany " de l'écrivain américain Truman Capote.

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