Virus HPV : la France envisage de recommander le vaccin pour les garçons

La Haute autorité de santé envisage d'étendre aux jeunes garçons la recommandation du vaccin contre les papillomavirus humains,

Virus HPV: la France envisage de recommander le vaccin pour les garçons

". Les membres de la commission technique des vaccinations établiront ensuite la version finale de la recommandation". Longtemps, certains ont voulu défendre que la vaccination des garçons (à l'exception des hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes) ne leur conférait aucun bénéfice. Les hommes sont en effet également porteurs de ce virus et il est recommandé d'être vacciné avant d'être potentiellement exposé au papillomavirus lors de relations sexuelles. Et d'autre part que la vaccination n'est pas uniquement un acte individuel mais s'inscrit dans une dimension collective.

Au vu des différents arguments, la Haute Autorité de santé propose dans son projet d'avis en date du 30 octobre 2019 d'élargir la vaccination contre les HPV à tous les garçons. Le fait que, selon une enquête de l'INSERM en 2015, 60 % des médecins généralistes estimaient que l'on ne disposait pas de suffisamment de recul sur les risques éventuels de cette vaccination dessinait un contexte délicat pour engager une évolution des recommandations. Dans un communiqué de presse rendu public hier, elle se prononce clairement en faveur de la vaccination de tous les garçons de 11 à 14 ans.

La Haute autorité de santé envisage d'étendre aux jeunes garçons la recommandation du vaccin contre les papillomavirus humains (HPV), " pour freiner la transmission " de ce virus responsable notamment du cancer du col de l'utérus. Or, rappelle la HAS: "l'élargissement de la vaccination contre les HPV aux jeunes garçons responsabiliserait l'ensemble des adolescents à la santé sexuelle face au problème de santé publique que représentent les maladies induites par les HPV ". Mais elle soulève aussi le fait que " la vaccination contre les HPV limitée aux filles et aux HSH pose des questions d'éthique, d'égalité d'accès à la vaccination et de stigmatisation liée à l'orientation sexuelle et au non-respect de la vie privée ". Des controverses encore actives Parmi les acteurs concernés, les professionnels de santé et notamment les médecins pourraient être majoritairement favorables à cette extension comme le révélait déjà un sondage réalisé sur notre site au printemps 2017 qui indiquait que 70 % des participants étaient favorables à l'extension de la vaccination contre le HPV à tous les garçons.

La couverture vaccinale des filles contre les HPV est insuffisante pour protéger les hommes et les femmes des lésions précancéreuses et cancéreuses dues aux HPV. Cependant aux Etats-Unis, proposer la vaccination contre les HPV chez les garçons n'a pas eu d'impact direct sur l'amélioration de la couverture vaccinale chez les filles. "La HAS recommande l'élargissement de la vaccination anti-HPV (...) pour tous les garçons de 11 à 14 ans révolus (...), avec un rattrapage possible pour tous les adolescents et jeunes adultes de 15 à 19 ans révolus", détaille le projet d'avis, qui sera soumis à une consultation publique pendant quatre semaines.

Pour l'heure, seules 30% des jeunes filles sont vaccinées contre le papillomavirus en France.

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