Le député travailliste Lindsay Hoyle élu nouveau "speaker" — GB

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Le député travailliste britannique Lindsay Hoyle a été élu lundi soir par ses pairs "speaker" (président) de la Chambre des communes où il succède au truculent John Bercow, qui a joué un rôle clé dans le feuilleton du Brexit.

Sept candidats, trois hommes et quatre femmes, sont en lice pour lui succéder. Le travailliste Lindsay Hoyle, 62 ans, fait figure de favori aux yeux des invétérés bookmakers anglais. "Pour ne pas diviser les votes, je me retire de la compétition et je soutiendrai @LindsayHoyle_MP", a tweeté le conservateur Shailesh Vara. Originaire du nord-ouest du pays, comme le suggère son fort accent, il faisait office depuis 2010 de premier adjoint à John Bercow.

Prenant le contrepied du tapageur Bercow, il voit le "speaker" comme un simple arbitre et fait valoir que "les gens ne veulent pas se souvenir de l'arbitre, ils veulent se souvenir du match". Dans une interview au Sunday Times, dimanche, il a confié vouloir apaiser l'atmosphère souvent électrique de la Chambre des communes, en particulier lors des débats sur le Brexit.

Il possède une petite ménagerie qui porte les prénoms de personnalités politiques britanniques. Son effigie, haute de 11 mètres, tient dans ses mains les têtes du Premier ministre Boris Johnson et du chef de l'opposition travailliste Jeremy Corbyn. Sa tortue " à la dure carapace " s'appelle Maggie en référence à Margaret Thatcher, et son rottweiler Gordon, comme l'ex-Premier ministre Labour Gordon Brown. "Il faut nous écouter les uns les autres plutôt que nous crier dessus", estime-t-elle dans le Sunday Times.

Les prétendants au poste devaient soumettre leurs candidatures avant 10H30 GMT lundi. Celles-ci doivent être signées par au moins douze députés, dont trois au minimum doivent être issus de partis différents que le leur, le rôle du président de la Chambre nécessitant un soutien transpartisan.

Autant de votes que nécessaire étaient prévus pour permettre d'éliminer à chaque fois les candidats les plus faibles ou recueillant moins de 5 % des suffrages, le gagnant devant au final réunir 50 % des voix.

Avec le départ de John Bercow, petit homme à la voix de stentor et aux répliques souvent acerbes, une page se tourne à la Chambre des Communes.

Pour le Royaume-Uni, le 31 octobre devait rester dans l'histoire. Une effigie de John Bercow, accusé d'avoir eu un " comportement controversé " cette année pendant les débats sur le Brexit, sera brûlée lors de la traditionnelle nuit du feu de joie à Edenbridge, au sud de l'Angleterre. En juin 2017, il a permis aux députés de siéger sans cravate.

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