Jusqu'à 50 Boeing immobilisés dans le monde en raison de fissures

Des dizaines de Boeing 737NG immobilisés pour des risques de fissures

Une cinquantaine d'avions Boeing cloués au sol en raison de "fissures structurelles" | LCI

Un porte-parole de Boeing a annoncé ce jeudi le résultat alarmant d'une inspection mondiale de ses appareils. Ces "observations" nécessitaient alors une immobilisation des appareils aux fins de réparations. "Nous n'utilisons jamais un avion que lorsqu'il apporte toutes les garanties de sécurité", a souligné Chris Snook, le chef de l'ingénierie de la compagnie australienne.

Un problème clé est la manière dont Boeing a commercialisé le 737 Max auprès de clients du monde entier, promettant une formation minimale aux pilotes pour leur permettre de passer des modèles plus anciens du 737, que Boeing avait introduits pour la première fois en 1967. Korean Air a ainsi confirmé que cinq de ses avions étaient cloués au sol depuis début octobre.

La compagnie aérienne australienne Qantas a notamment annoncé avoir cloué au sol l'un ces avions, et qu'elle en inspectait 32 autres avec urgence.

La raison? Une fissure structurelle découverte sur le "pickle fork ", partie de l'avion qui permet de lier les ailes au fuselage et censée gérer les contraintes et les forces aérodynamiques.

Le constructeur américain a aussi reconnu l'existence de fissures sur la plupart de ses 737 NG, jusqu'à 50.

Dans cette directive du 3 octobre, la FAA exige l'inspection "avant l'accumulation de 30.000 cycles de vols" de chaque appareil. La découverte de fissures sur l'appareil de Qantas fait cependant craindre que l'ampleur du problème du 737 NG ait été sous-estimée. Mais l'avion de Qantas présentant les fissures a effectué moins de 27.000 vols. "Cet avion a été retiré du service pour être réparé", a indiqué Qantas dans un communiqué, précisant qu'elle accélérait les inspections des 32 autres 737 NG pour qu'elles soient achevées vendredi.

L'annonce faite par Qantas a suscité des craintes sur le fait que des fissures puissent exister également sur des avions plus récents, entraînant des appels en Australie à l'immobilisation de toute sa flotte 737. Dérivé en trois versions (737-700, 737-800 et 737-900 de 126 à 220 sièges), il a été produit à 6.162 exemplaires depuis son lancement au milieu des années 1990 selon le constructeur.

Le patron de Boeing, Dennis Muilenburg, s'est de son côté fait étriller par des sénateurs américains lors d'une audition au Congrès pendant plus de cinq heures.

" Ryanair poursuit l'examen de ses appareils conformément à la consigne de navigabilité et ne s'attend pas à ce qu'il y ait une incidence sur ses activités ou sur la disponibilité de sa flotte", affirme la compagnie dans un communiqué.

Sur ce point, Dennis Muilenburg a au contraire argué que rester à son poste pour régler le problème du 737 MAX était sa façon d'assumer.

"Quant à Transavia France, filiale à bas prix du groupe Air France-KLM, " des vérifications ont débuté " sur ses 38 appareils et " à ce jour aucune anomalie n'a été détectée", selon un porte-parole. "Même quand il y a une fissure, cela ne compromet pas automatiquement la sécurité de l'avion".

"Je tiens à préciser que Boeing a construit des milliers de 737 NG et qu'à peine une cinquantaine présentent des risques".

"Mon entreprise et moi-même sommes responsables et nous savons que nous devons nous améliorer", a déclaré Dennis Muilenburg, martelant qu'il apprenait de ces erreurs tragiques et qu'il était disposé à "rendre des comptes", alors que toute la flotte des 737 MAX est clouée au sol depuis mi-mars, et que les autorités de sécurité aérienne n'ont pas encore décidé de la remettre en service.

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