Les Etats-Unis officialisent leur sortie de l'accord de Paris — Climat

Le président américain Donald Trump le 1er novembre 2019 à Tupelo dans le Mississippi

Le président américain Donald Trump le 1er novembre 2019 à Tupelo dans le Mississippi1/3

" Le président Donald Trump a décidé de sortir de l'accord de Paris sur le climat à cause de son fardeau sur le peuple américain, les contribuables et les affaires " a déclaré le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo.

La lettre était attendue depuis 2017, mais elle ne pouvait être envoyée avant lundi pour des raisons juridiques.

Conformément aux termes de l'accord, ses signataires ne peuvent soumettre une notification formelle de leur retrait que trois ans après son entrée en vigueur (soit le 4 novembre 2019), avec un retrait effectif un an après notification.

En coulisses, les Etats-Unis continuent toutefois à contribuer aux discussions techniques pour préparer le terrain au cas où, un jour, le pays réintégrerait l'accord.

"Nous espérons que les États-Unis feront preuve de davantage de responsabilité et qu'ils contribueront davantage au processus de coopération multilatérale, au lieu d'ajouter de l'énergie négative", a indiqué devant la presse un porte-parole de la diplomatie chinoise, Geng Shuang. Le but alors annoncé par Barack Obama était d'ailleurs moins ambitieux que ce que réalisent d'autres pays ou l'Union européenne, par exemple. Face à cette prise de décision, mardi 5 novembre, la France a annoncé "regretter" cette officialisation par les Etats-Unis. Adopté lors du mandat de Barack Obama, Trump en avait fait un élément central pour sa campagne et avait démoli la politique environnementale qu'Obama avait mise en place. D'ici là, les Américains enverront des délégations aux grands sommets climatiques de l'ONU, à commencer par la "COP" de décembre, en Espagne, a confirmé à l'AFP le département d'Etat.

Mais l'opposition démocrate, les ONG et les experts se sont offusqués de l'égoïsme du deuxième émetteur mondial, alors que la Chine reste engagée dans le processus.

Mais le résultat de l'élection de 2020 pourrait être plus déterminant. "Si jamais on repart dans une administration Trump pour quatre ans, les conséquences seront très, très différentes", dit à l'AFP David Levaï, du centre de réflexion Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri).

La décision de M. Trump n'a pas créé l'effet domino que certains craignaient dans des pays comme l'Australie et le Brésil. Cela compensera en partie l'inaction fédérale. "La solidité de cette gouvernance (climatique) demeure, tant que le retrait américain n'est qu'une parenthèse". "Nous le regrettons et cela rend encore plus nécessaire le partenariat franco-chinois sur le climat et la biodiversité", a déploré la présidence française, rapporte Le Figaro.

Au total, l'accord de Paris ne s'est pas effondré, renforcé par la mobilisation des jeunes pour le climat observée depuis l'an dernier. Cette notification formalise la volonté de Donald Trump de persister dans un désengagement vis-à-vis de cet accord mondial.

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