L'Iran célèbre la prise d'otages de 1979

Tensions entre l’Iran et les Etats-Unis : Ali Khamenei s’oppose à tout dialogue avec Washington

«Soit naïf, soit complice des États-Unis»: le guide suprême iranien tacle Macron sur le nucléaire

Sans fard, le guide suprême iranien Ali Khamenei a réaffirmé hier son opposition catégorique à tout dialogue avec Washington à l'occasion d'un discours prononcé pour le 40e anniversaire de la prise d'otages à l'ambassade des Etats-Unis à Téhéran, que l'Iran marque aujourd'hui.

Le département du Trésor américain a, par ailleurs, annoncé des mesures contre neuf membres influents de l'entourage du guide suprême iranien Ali Khamenei, afin d'empêcher le transfert de fonds à un réseau soupçonné d'oppression contre les opposants aux régimes.

Selon l'agence Mehr, proche des conservateurs, "des millions de personnes participent à ces rassemblements" à l'échelle du pays.

Selon lui, " les Américains falsifient l'Histoire et prétendent que les différends entre l'Iran et les États-Unis découlent de la prise de l'ambassade " des États-Unis à Téhéran le 4 novembre 1979. Les étudiants avaient exigé, pour libérer les otages, que les Etats-Unis extradent le shah afin qu'il soit jugé en Iran.

La crise ne s'achèvera que 444 jours plus tard, après la mort du souverain déchu en Égypte, avec la libération de 52 diplomates américains.

Hommes, femmes - principalement en tchador - et enfants agitaient des pancartes en anglais et en persan, sur lesquelles on pouvait lire: "Mort à l'Amérique, mort à Israël, victoire pour l'islam".

"C'est sans doute le meilleur moment pour dire: à bas l'Amérique", a déclaré à l'antenne une journaliste de la télévision d'Etat entourée de manifestants à Téhéran.

Entre Washington et Téhéran, les tensions n'ont cessé de s'intensifier depuis la décision de Donald Trump, en août 2018, de retirer la signature de son pays à l'accord sur le nucléaire conclu en juillet 2015 entre six grandes puissances, dont la France et la République islamique.

Le 4 novembre 1979, moins de neuf mois après le renversement du dernier chah d'Iran, un groupe d'étudiants partisans de la Révolution islamique avait pris d'assaut l'ambassade des Etats-Unis à Téhéran, qualifiée alors de "nid d'espion" par les partisans de Khomeiny, père fondateur de la République islamique.

L'ancien secrétaire d'Etat adjoint américain, Warren Christopher, avait alors fait la navette entre Alger et Washington et avait finalement négocié un accord en vertu duquel les otages ont été libérés en échange d'un dégel des biens iraniens et d'une levée de sanctions contre l'Iran.

Les autorités avaient dévoilé samedi de nouvelles fresques anti-américaines sur les murs de l'ex-ambassade des États-Unis à Téhéran, dénonçant "l'arrogance" d'une Amérique présentée comme assoiffée de guerre pour asseoir son emprise sur le monde.

Cette prise d'otages reste un traumatisme profond pour la diplomatie américaine.

"A l'époque, les Américains croyaient qu'ils étaient une nation exceptionnelle et qu'ils pouvaient commettre n'importe qu'elle injustice n'importe où", a déclaré le porte-parole du gouvernement iranien, Ali Rabii lors d'une conférence de presse.

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