Brésil : les avocats de Lula vont demander sa "libération immédiate"

Brésil Lula proche de la sortie de prison

Cour Suprême Fédérale du Brésil – 6 voix Pour; 5 Contre : approbation d'une « thèse qui peut libérer Lula »

Lula, qui purge une peine de 8 ans et 10 mois de réclusion pour corruption, a été incarcéré en avril 2018, peu après sa condamnation en appel, même s'il dispose encore de recours devant des tribunaux supérieurs.

"Il n'y a plus rien qui puisse retarder l'émission de cet ordre de libération". Sa présidente Gleisi Hoffmann l'a qualifié "d'étape très importante pour renforcer la démocratie et la Constitution à un moment où elles sont menacées par un gouvernement d'extrême droite".

(Curitiba et Rio de Janeiro) L'ex-président brésilien Lula a été libéré vendredi, accueilli par une véritable marée rouge de militants de gauche à sa sortie de prison à Curitiba, après plus d'un an et demi d'incarcération. "("#LulaLibreDemain!" en portugais). Pendant sa campagne électorale M. Fernandez était venu rendre visite à Lula dans sa prison, suscitant l'irritation de M. Bolsonaro.

"Hier, je ne voulais même pas assister au vote (des juges de la Cour suprême), je n'y croyais pas".

L'ancien dirigeant syndicaliste, qui est incarcéré depuis le 7 avril 2018, a été condamné en première instance par l'ancien juge et ministre de la Justice, Sérgio Moro, et en deuxième lieu par le Tribunal régional fédéral de la Quatrième Région (une cour d'appel).

Cette décision de justice a été rendue possible par un arrêt de la Cour suprême brésilienne, rendu jeudi, qui a mis fin à l'emprisonnement obligatoire des condamnés avant l'épuisement de tous leurs recours.

Lula, 74 ans, n'est pas le seul détenu qui devrait bénéficier de l'arrêt de la Cour suprême: ils sont près de 5000 concernés par cette décision qui sera appliquée au cas par cas et change radicalement l'application des peines au Brésil.

A l'inverse, les procureurs chargés de la vaste enquête anticorruption "Lavage Express" - qui a dévoilé un vaste réseau de corruption au sein du géant public pétrolier Petrobras - ont estimé après l'arrêt de la Cour suprême que cette décision n'allait pas en faveur "du combat de la corruption, qui sont des priorités" du Brésil.

"La Cour suprême a voté contre le peuple", a déploré Major Olimpo, le leader au Sénat du PSL, le parti du président Jair Bolsonaro. Ce dernier, coutumier des tweets incendiaires, est resté silencieux sur le sujet.

Son fils Eduardo, qui est député, a en revanche déploré sur Twitter qu'"On libère les brigands".

Outre Lula, 5.000 autres détenus seraient donc libérables.

Mais ce rebondissement pourrait aussi être considéré, selon ce spécialiste, comme une "bonne nouvelle" pour le président Bolsonaro, qui s'est fait élire en grande partie grâce à un violent "sentiment anti-PT" d'une partie de la population.

Lula a déjà fait part de son intention de participer à de grandes tournées à travers le Brésil, les fameuses "caravanes" qui lui ont permis d'accroître sa popularité auprès des plus pauvres, mais aussi de voyager à l'étranger pour incarner l'opposition à M. Bolsonaro.

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