Pour Emmanuel Macron, l'OTAN est en état de "mort cérébrale"

Macron juge l'Otan en état de

Le logo de l'OTAN sur le pupitre du secrétaire général Jens Stoltenberg lors d'une conférence de presse le 23 octobre 2019 à Bruxelles- Aris OIKONOMOU

Dans une interview fleuve accordée à l'hebdomadaire anglais The Economist, et publiée ce jeudi, le chef de l'Etat a en effet estimé que les fameux 3 % relevaient d'un "débat d'un autre siècle "."Nous avons besoin de plus d'expansionnisme, de plus d'investissement". États-Unis et Canada ont souligné l'importance de l'OTAN.

Les Allemands "sont les grands gagnants de la zone euro, y compris avec ses dysfonctionnements", a poursuivi Emmanuel Macron.

M. Stoltenberg a de son côté estimé que l'OTAN restait "forte" et que les États-Unis et l'Europe "travaillaient ensemble plus que nous ne l'avons fait depuis des décennies".

" Nous nous sommes engagés pour lutter contre Daech (acronyme de l'organisation État islamique)".

"Dans ces conditions, il s'interroge en particulier sur l'avenir de l'article 5 du traité atlantique, qui prévoit une solidarité militaire entre membres de l'Alliance si l'un d'entre eux est attaqué". Si le régime de Bachar el-Assad décide de répliquer à la Turquie, est-ce que nous allons nous engager? L'Otan en tant que système ne régule pas ses membres.

"Parmi les commentaires les plus pessimistes faits récemment par un dirigeant d'une puissance européenne de l'Otan" (The Washington Post), un avis affirmé avec "brutalité" (El Pais), "un pavé dans la mare" (The Irish Times), "les pieds dans le plat" (Le Soir), "des vues sombres" (The New York Times): les propos d'Emmanuel Macron sur l'Otan ont autant surpris dans les rédactions que dans les cabinets gouvernementaux. "Et d'autre part, de rouvrir un dialogue stratégique, sans naïveté aucune et qui prendra du temps, avec la Russie ". "Pour la première fois, nous avons un président américain qui ne partage pas l'idée du projet européen, et la politique américaine se désaligne de ce projet".

Dans le même entretien, Emmanuel Macron s'alarme de la "fragilité extraordinaire de l'Europe" qui "disparaîtra", si elle ne "se pense pas comme puissance dans ce monde".

En conséquence, il estime que si les Européens n'ont "pas un réveil, une prise de conscience de cette situation et une décision de s'en saisir, le risque est grand, à terme, que géopolitiquement nous disparaissions, ou en tout cas que nous ne soyons plus les maîtres de notre destin".

Jens Stoltenberg, le secrétaire général de l'Otan, a lui aussi réagi à l'occasion d'un discours à Berlin, rapporte le site Foreign Policy.

Emmanuel Macron et Donald Trump lors du sommet de l'OTAN à Bruxelles en juillet 2018. Interrogé par les journalistes, le premier ministre canadien Justin Trudeau a pour sa part souligné le "rôle extrêmement important" de l'organisation internationale sur la scène internationale, notamment en Irak et en Lettonie. Sincères et qui reflètent l'essentiel. "Mais l'Amérique, c'est plus que Trump", insiste le journal, précisant que malgré les mots du pensionnaire de la Maison-Blanche, les États-Unis continuent de soutenir massivement l'Alliance sur les plans financier et militaire.

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