Mutineries dans la police, Morales dénonce un coup d'Etat "en cours" — Bolivie

Bolivie: des policiers se mutinent, Morales dénonce un «coup d'Etat»

Bolivie : le président Evo Morales dénonce un coup d'Etat "en cours"

Par ailleurs, les policiers de l'Unité des opérations de police tactique (UTOP) de La Paz, qui contrôlaient strictement l'accès à la place Murillo où se trouve le siège du gouvernement, se sont retirés samedi matin en signe de soutien aux mutins, a constaté un journaliste de l'AFP.

Le parti au pouvoir, le Mouvement vers le socialisme (MAS), a appelé " tous les militants, les organisations sociales et les sympathisants " dans les neuf départements touchés par les mutineries à " se rendre à La Paz " ce samedi pour " défendre (...) le vote des villes et des campagnes en faveur " de M. Morales et du vice-président Alvaro Garcia Linera.

"Sœurs et frères, notre démocratie est en danger". Nous dénonçons devant la communauté internationale cette attaque contre l'Etat de droit', a indiqué sur Twitter le président indigène de gauche à l'issue d'une réunion d'urgence avec plusieurs ministres.

"J'appelle notre peuple à prendre soin pacifiquement de la démocratie et de la CPE (Constitution politique de l'État) pour préserver la paix et la vie en tant que biens suprêmes au-dessus de tout intérêt politique", a-t-il ajouté. 'Nous allons être du côté du peuple, pas avec les généraux', a ajouté un de ses collègues, qui ne pouvait pas non plus être identifié.

Diffusées en direct à la télévision, des images ont montré une vingtaine d'agents grimpant au sommet du bâtiment du quartier général de la police, agitant le drapeau bolivien, tandis que des dizaines de jeunes opposants les encourageaient depuis la rue. Les manifestants ont fait exploser des pétards dans une ambiance festive et ont hissé sur un mât un drapeau bolivien (rouge, jaune et vert) chantant l'hymne national.

Les chaînes de télévision locales ont également montré des images de manifestants serrant la main de policiers dans le centre de La Paz, un contraste avec les trois nuits précédentes où les deux camps s'étaient affrontés. "Aucune opération militaire ne sera menée pour le moment, c'est totalement exclu ", a d'ailleurs assuré le ministre de la Défense.

Quelques minutes après cette allocution, Carlos Mesa, ancien président bolivien et principal rival de M. Morales lors du scrutin d'octobre, a rejeté sa proposition. Camacho était à un rassemblement dans la partie sud de La Paz, vendredi après-midi, quand la nouvelle de la mutinerie de Cochabamba s'est répandue. La foule s'est alors mise à applaudir et à chanter. "Merci d'être avec ton peuple, que Dieu te bénisse".

"Je lance un appel au dialogue avec les partis qui ont obtenu des sièges au Parlement lors des dernières élections générales, soit quatre partis", avait déclaré un peu avant M. Morales, 60 ans, dans un discours à la nation, au cours duquel il a aussi appelé les policiers mutinés à mettre fin à leur mouvement. Il a été réélu pour un 4 mandat allant jusqu'en 2025, mais l'opposition ne reconnaît pas cette élection qu'elle estime entachée de " fraude " et réclame sa démission.

Jusqu'à maintenant les rues de La Paz ont été surtout occupées par des manifestants de l'opposition. La vague de contestation qui a éclaté dès le lendemain du scrutin a déjà fait trois morts et 200 blessés.

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