Liban: un mort par balle sur une route bloquée

Liban un mort par balle sur une route bloquée par des manifestants

Manifestation antigouvernementale à Byblos au nord de Beyrouth le 13 novembre 2019- Joseph EID

Il s'agit du deuxième mort en marge de la contestation qui secoue le Liban depuis le 17 octobre.

Un homme a été tué par balle dans la nuit de mardi à mercredi au sud de Beyrouth alors que les contestataires coupaient plusieurs routes à travers le Liban, après des déclarations du président Michel Aoun qui ont attisé leur colère.

"Dans un premier temps, l'armée avait rapporté un incident à Khaldé au passage d'un véhicule militaire sur une route coupée par des manifestants, assurant qu'un soldat a été " contraint d'ouvrir le feu pour disperser " les contestataires, " blessant une personne ".

Le Liban vit depuis le 17 octobre au rythme d'un mouvement de contestation inédit contre l'ensemble de la classe dirigeante, jugée corrompue et incapable de mettre fin à un marasme économique profond.

Dans une interview télévisée diffusée aux heures de grande écoute, Aoun a indiqué que les discussions sur la formation d'un nouveau gouvernement pour remplacer le gouvernement de coalition de Saad al-Hariri n'avaient pas abouti et que Hariri semblait hésiter à redevenir Premier ministre.

" Où est-ce que je peux aller les chercher?" L'armée a annoncé l'ouverture d'une enquête et la détention du militaire ayant tiré.

Dans la ville de Saïda dans le sud, des manifestants qui bloquaient une artère majeure ont allumé des chandelles qu'ils ont disposé sur la chaussée, formant un message d'adieu à la victime: " Alaa fierté de la révolution ". Le Chef de l'Etat a proposé un gouvernement formé de technocrates et d'hommes politiques, affirmant qu'il était possible que les consultations parlementaires pour désigner un nouveau Premier ministre commencent avant la fin de la semaine. "S'ils s'arrêtent, il y a encore de la place pour (nous) pour arranger les choses", a-t-il déclaré.

Aoun avait déclaré au cours de l'interview que s'il n'y avait "pas de personnes sérieuses du mouvement pour participer à une discussion, qu'ils émigrent parce que dans ce cas, ils n'arriveront pas à une position d'autorité au Liban".

"Un manifestant a réagi avec colère à ce qu'il a considéré comme un appel à quitter le pays: " Nous n'allons pas émigrer, nous n'allons pas quitter le pays ".

" Nous comptons bloquer la plupart des routes principales, toutes les administrations publiques et bientôt les responsables dans leurs propres maisons ", a affirmé mercredi à l'AFP Antoine Saad, qui avec des dizaines d'autres jeunes bloque la route de Jal el-Dib, au nord de Beyrouth.

A Aley (centre), Tyr (sud) et Baalbek (est), des manifestants ont tenu des sit-in à l'intérieur et à l'extérieur des bureaux des opérateurs publics de télécommunications, ont rapporté des médias locaux.

Le chef du Hezbollah, poids lourd de la vie politique libanaise, doit prononcer lundi un discours télévisé très attendu.

Les employés des deux principaux opérateurs, Alfa et Touch, ont lancé une grève générale sans en préciser la durée.

"Mais elles ne peuvent pas m'imposer de me débarrasser d'un parti qui représente au moins un tiers des Libanais".

Depuis, les tractations pour former un gouvernement se font attendre alors que les manifestants réclament un gouvernement d'indépendants et de technocrates et disent leur exaspération face à l'absence de services publics -graves pénuries d'eau et d'électricité principalement-, au chômage et à la corruption, avec une classe dirigeante quasi inchangée depuis des décennies.

De nombreuses écoles et universités sont fermées, au même titre que les banques, dont les employés ont appelé à une grève générale après des échanges tendus avec des clients la semaine dernière.

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