Hollande assassin ! des étudiants bloquent l'ex président

Lille des étudiants en colère font annuler une conférence de François Hollande

300 à 400 personnes ont pénétré dans la fac de droit où ils ont empêché la tenue de la conférence de l'ancien président qui parle d'une"émotion légitime.Plus

Des rassemblements de centaines d'étudiants en colère se sont soldés mardi par des incidents dans plusieurs villes de France, notamment à Lyon où un étudiant de 22 ans s'est immolé par le feu vendredi devant un restaurant universitaire.

Aux alentours de 20h, des manifestants sont parvenus à ouvrir les grilles du ministère et plusieurs dizaines d'entre eux sont restés brièvement dans l'enceinte, aux cris de "Vidal démission", ou "le Crous assassine, la précarité tue".

Mardi, dans l'amphithéâtre F de la faculté de Lille, François Hollande devait débattre autour du thème "Répondre à la crise démocratique", du nom de son dernier livre. Certains manifestants ont, dans un geste de colère vis-à-vis des institutions, déchiré et jeté des livres de l'ancien président. "C'est une attaque à la démocratie!".

Celui-ci "regrette que cette émotion se soit transformée en violence de la part d'une centaine d'individus, ne laissant aucune place au dialogue et empêchant plus de 1.200 étudiants d'échanger avec lui sur la démocratie". Claire, étudiante en cinquième année de droit, dit s'être sentie en insécurité, elle a eu peur que la manifestation tourne à la violence: "On a vu la porte s'ouvrir, et des gens pousser, prêts à frapper pour entrer dans l'amphithéâtre".

"L'ancienne porte-parole d'EELV et vice-présidente de l'université de Lille Sandrine Rousseau a aussi qualifié l'événement d'" indigne, injurieux et honteux ": " L'université est un lieu de débat et de liberté. Au sujet de l'étudiant qui s'est immolé à Lyon, Frédérique Vidal "rappelle qu'en parallèle de l'enquête ouverte par le procureur de la République, elle a saisi l'Inspection Générale de l'Education, du Sport et de la Recherche pour que toute la lumière soit faite sur les circonstances du drame". Dans son message, il revendiquait "le salaire étudiant et d'une manière plus générale, le salaire à vie, pour qu'on ne perde pas notre vie à la gagner" et accusait "Macron, Hollande, Sarkozy et l'UE de [l'] avoir tué en créant des incertitudes sur l'avenir de tous-tes" ainsi que "Le Pen et les éditorialistes d'avoir créé des peurs plus que secondaires". Rappelons que, selon l'UNEF, en 2017, près de 20% des étudiants vivaient sous le seuil de pauvreté.

Des responsables politiques de droite, de gauche et de la majorité ont également dénoncé mercredi ces "violences", tout en déplorant la "précarité" des étudiants. A 13 heures, le Crous de la rue de Cambrai était rempli de manifestants réclamant des mesures pour soulager le budget des étudiants, comme par exemple "réquisitionner les logements vacants".

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