L'Allemagne échappe de peu à la récession au 3e trimestre

Le ministre allemand de l'Economie Peter Altmaier se penche sur des documents avant le début de la réunion du gouvernement le 13 novembre 2019 à Berlin

L'Allemagne échappe de peu à la récession

L'Allemagne est-elle entrée en récession?

Le PIB allemand a augmenté de +0,1% sur la période juillet-septembre par rapport aux trois mois précédents, alors que les économistes prévoyaient en général une nouvelle contraction, de -0,1%, après celle du deuxième trimestre, finalement révisée à la baisse à -0,2% par l'institut fédéral de la statistique Destatis, qui a également revu à la hausse la croissance de janvier-mars, à 0,5% contre 0,4%.

Une récession technique se définit par deux trimestres consécutifs de baisse du PIB.

La croissance économique dans le reste de la zone euro est restée stable à un bas niveau au troisième trimestre, montre la deuxième estimation publiée jeudi par Eurostat. En septembre, la production industrielle reculait de 0,6% sur un mois, affectée par le conflit commercial sino-américain, l'interminable feuilleton du Brexit et les menaces de Donald Trump visant les importations de voitures européennes. Pour l'année 2019, le gouvernement allemand attend une croissance de 0,5%, avant une réaccélération à 1% l'an prochain. Ces craintes de récession ravivent le débat sur le Schwarze Null, soit la règle d'un budget fédéral au moins à l'équilibre que les gouvernements observent scrupuleusement depuis 2014. Pur engagement politique, le Schwarze Null vient renforcer la règle constitutionnelle du "Schuldenbremse" ("frein à l'endettement"), qui autorise un déficit pouvant aller jusqu'à 0,35% du PIB, et même au-delà en cas de circonstances exceptionnelles.

Réagissant aux chiffres du PIB, le lobby allemand de l'industrie (BDI) a d'ailleurs exhorté jeudi le gouvernement à "augmenter les investissements publics", estimant que le "danger de récession n'est pas écarté". La chancelière allemande Angela Merkel en compagnie du ministre des Finances et vice-chancelier Olaf Scholz à leur arrivée le 13 novembre 2019 à la chancellerie à Berlin pour une réunion du gouvernement. En septembre, une étude de la banque Berenberg évoquait ainsi les "longues procédures", le "sous-effectif des administrations locales" et les "longues contestations judiciaires des projets", comme autant d'entraves pratiques aux investissements.

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