Banque européenne d'investissement se désengage des énergies fossiles

La Banque européenne d’investissement va arrêter de financer les projets liés aux énergies fossiles

La BEI cesse de financer les énergies fossiles, une décision «historique»

La décision est "historique", selon le ministre de l'Économie français Bruno Le Maire. "Le plus grand prêteur public au monde décide de désinvestir presque entièrement des combustibles fossiles, salue 350.org. Les marchés financiers du monde entier vont en prendre bonne note: c'est le début de la fin du financement des combustibles fossiles qui ravagent le climat".

Dès juillet, la BEI avait préconisé de ne plus investir dans les projets liés aux énergies fossiles, y compris le gaz. Si la BEI ne finance pas les projets liés au charbon ou au pétrole, la majorité de ses investissements dans le domaine de l'énergie se retrouve dans des projets de transports et d'extraction de gaz. Une décision saluée par la Commission européenne pour qui "la transition énergétique propre devrait être progressive, socialement équitable, fondée sur un large éventail de sources d'énergie et de technologies et réalisée de manière à ce qu'aucune région ne soit laissée pour compte", indique une déclaration publiée jeudi 14 novembre 2019. Elle a apporté son soutien jeudi à la nouvelle politique de la BEI, satisfaite notamment d'un "arrangement transitoire pour l'abandon progressif des projets gaziers, y compris les projets vitaux d'interconnexion et de stockage de gaz, les projets dits d'intérêt commun", a-t-elle expliqué dans un communiqué.

Outre l'annonce phare sur les énergies fossiles, la BEI espère "débloquer" jusqu'à 1 000 milliards d'euros d'investissements dans l'action pour le climat et le développement durable au cours de la prochaine décennie.

La BEI va introduire fin 2021 une norme de "performance", un seuil d'émissions fixé à 250 grammes de CO2 par kilowattheure, auquel devront se conformer les futurs projets pour être approuvés. Il s'agit ainsi d'aligner la politique d'investissement de la BEI sur les engagements pris lors de la signature de l'Accord de Paris sur les réductions d'émissions de gaz à effet de serre.

Plusieurs ONG se sont également félicitées. Une limite que les projets gaziers conventionnels ne peuvent pas respecter, fait valoir la BEI. Dix-neuf Etats membres - dont l'Allemagne restée longtemps réticente - ont voté au conseil de direction en faveur de la nouvelle politique de la banque en matière de prêts. La France est même "prête à augmenter sa participation au capital pour servir cette ambition", a-t-il renchéri dans un entretien au quotidien Les Echos. Selon Reuters, une décision concernant les combustibles fossiles et le financement avait été prévue pour octobre, mais a été remise à plus tard en raison du fait que plusieurs pays souhaitaient que le financement du gaz soit maintenu. Seul le recours à des gaz "verts" permettrait de répondre à ce critère.

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