Un an mardi et bientôt un procès — Carlos Ghosn

L'alliance Renault Nissan à la recherche du temps perdu

L'ancien patron de l'alliance Renault-Nissan Carlos Ghosn le 6 mars 2019 à Tokyo- Kazuhiro NOGI

De la journée de Carlos Ghosn, en ce fatidique 19 novembre 2018, on connaît désormais tous les détails: le départ de Beyrouth après un week-end en amoureux avec son épouse Carole, l'atterrissage à l'aéroport de Tokyo Haneda, l'arrivée d'agents de police au contrôle à la frontière et cette phrase: " Veuillez nous suivre, Monsieur?

Dans leur tribune, les parlementaires dénoncent "la longueur et la brutalité" de la détention Carlos Ghosn, doublées d'un "acharnement judiciaire évident dans un pays où l'aveu est au coeur du système pénal et 99,4 % des inculpés sont condamnés".

"Les autorités japonaises l'ont détenu en le gardant à l'isolement total pendant 129 jours", tandis que "les procureurs japonais l'ont interrogé, jour et nuit, sans arrêt, pendant des heures".

Un peu plus d'une vingtaine de parlementaires, majoritairement de droite et du centre, dont le nouveau président du parti Les Républicains Christian Jacob, plaident pour que Carlos Ghosn, l'ancien patron déchu de Renault-Nissan, soit rapatrié et jugé en France, dans une tribune publiée dimanche. "Or, depuis le début de l'affaire, les traités internationaux sur les droits de l'homme que le Japon, pays membre du G7, a ratifiés ont été violés à plusieurs reprises". Carlos Ghosn est accusé d'abus de confiance aggravé et de fausses déclarations aux autorités pendant son mandat chez Nissan.

De son côté, son avocat Jean-Yves Le Borgne a martelé que son client était victime "d'une conspiration destinée à rejaponiser Nissan". "Qu'est-ce qu'on dirait du ministre de l'Economie et des Finances s'il prenait la défense d'un justiciable?", a-t-il lancé sur le plateau de BFM TV en réponse à une question sur un lâchage de Carlos Ghosn par la France.

"Mais le ministre français de l'Économie, Bruno Le Maire, leur a opposé une fin de non-recevoir, se refusant à toute " ingérence " de la France dans ce dossier au Japon, un " État souverain et État ami ". Il risque jusqu'à 15 ans de prison lors du procès qui se tiendra en 2020. Actuellement, l'ex-PDG vit sous haute surveillance en attendant son procès.

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