Le Premier ministre irakien annonce qu'il va démissionner

Deux manifestants tués à Bagdad le sud de l'Irak paralys

Monde Deux manifestants tués à Bagdad le sud de l'Irak paralysé Monde Irak grèves à Bagdad et dans le sud pour réclamer"la chute du régime

Dans un communiqué, les services du Premier ministre irakien Adel Abdel Mahdi ont annoncé ce vendredi que ce dernier allait présenter sa démission au Parlement.

Des manifestants irakiens ont incendié mercredi soir le consulat d'Iran à Najaf, dans la foulée d'un mouvement de contestation rejetant le pouvoir irakien et son parrain Téhéran, et qui a fait au moins 350 morts en deux mois.

Cette figure tutélaire de la politique irakienne soutient les revendications des manifestants mais n'a pas jusqu'ici retiré sa confiance au gouvernement, qu'elle a appelé à de multiples reprises à la "retenue".

La source, qui travaille au département gouvernemental de la santé à Bagdad, a déclaré qu'un manifestant avait été tué par une balle en caoutchouc dans la tête et que 23 autres avaient été blessés et asphyxiés par des grenades de gaz lacrymogène.

Dans les provinces du Sud, en révolte comme Bagdad depuis deux mois, des policiers sous le couvert de l'anonymat indiquent avoir reçu des ordres pour en finir avec les manifestations à l'arrivée des nouveaux commandants militaires jeudi.

Les Irakiens ont continué ce samedi de manifester à Bagdad et dans le sud de l'Irak, assurant qu'ils maintiendraient leurs campements et blocages des routes jusqu'au départ de "tous les corrompus", après l'annonce du Premier ministre Adel Abdel Mahdi de son intention de démissionner.

Vendredi, la police a encore tué 15 manifestants à Nassiriya, à feu et à sang depuis jeudi, et un seizième a été abattu par des tirs d'hommes en civils devant le siège d'un parti à Najaf, ont rapporté des témoins et des médecins.

Ils ont incendié un QG de la police et encerclé le commandement militaire de la province où se trouvent les ruines de la ville antique d'Ur.

Depuis le début de la crise, le bilan des violences établi auprès de sources médicales et policières dépasse désormais les 400 morts, pour la plupart des manifestants jeunes et défilant sans armes.

Ce soutien de poids et l'agitation politique qu'il a aussitôt suscités n'ont toutefois pas pu arrêter la spirale des violences qui se poursuit dans le sud agricole et tribal, où le chaos menace depuis que des combattants tribaux se sont montrés en armes pour protéger les manifestants à Nassiriya alors que des hommes en civil ont ouvert le feu sur la foule à Najaf.

Quatre autres manifestants sont morts à Bagdad et deux autres à Najaf, où le consulat iranien a été incendié.

Le consulat iranien à Kerbala, l'autre ville sainte d'Irak, avait déjà été pris pour cible par des manifestants très remontés en début novembre.

Pour les manifestants, dans l'un des pays les plus riches en pétrole du monde -mais aussi l'un des plus corrompus-, le système politique conçu par les Américains qui ont renversé Saddam Hussein en 2003 est à bout de souffle.

Et surtout, le pouvoir est sous la mainmise de l'Iran, qui a pris l'avantage face aux Etats-Unis, et de son puissant émissaire, le général Qassem Soleimani.

Les manifestants se regroupent vendredi en Irak, défiant une répression qui a tué la veille 44 protestataires.

Le mouvement de contestation est inédit depuis des décennies en Irak, pays où aujourd'hui un habitant sur cinq vit sous le seuil de pauvreté et où, officiellement, 410 milliards d'euros ont été détournés ces 16 dernières années, soit deux fois le PIB.

L'influent leader chiite Moqtada Sadr appelle à " des élections anticipées sous supervision de l'ONU ". Pourtant le pays est paralysé depuis des semaines: dans le Sud, les écoles sont fermées depuis des semaines. Mais jusqu'ici, ils ne sont pas parvenus à toucher la production et la distribution du pétrole, unique ressource en devise du pays et qui représente 90% des recettes d'un gouvernement surendetté.

Dernières nouvelles