Budget record de 14,4 milliards d'euros pour l'Agence spatiale européenne

Dans la salle de contrôle de l'Agence spatiale européenne le 19 octobre 2016 à Darmstadt en Allemagne

Dans la salle de contrôle de l'Agence spatiale européenne le 19 octobre 2016 à Darmstadt en Allemagne

Jeudi 28 novembre 2019, les 22 pays membres de l'ESA réunis à Séville, ont donc alloué une enveloppe globale de 14,4 milliards d'euros à leur programmes, un budget record dans l'histoire de l'organisation intergouvernementale créée en 1975.

Il faut dire qu'un budget de 14,4 milliards d'euros pour financer les futurs programmes de l'agence spatiale européenne (ESA), sur une durée de trois à cinq ans, c'est du jamais-vu, et c'est surtout plus que ce que l'ESA avait demandé (soit 14,3 milliards d'euros).

Cette enveloppe, qui comprend 4,3 milliards d'euros pour les programmes obligatoires (décidés à l'unanimité des Etats), s'ajouterait à la contribution de la Commission européenne déjà votée (16 milliards d'euros sur sept ans).

Un résultat qui confirme la confiance récemment affichée d'une part par Jean-Yves Le Gall, le président du Cnes et du Conseil d'administration de l'ESA, et d'autre part par Walther Pelzer, membre du comité exécutif du Centre aérospatial allemand (DLR), en charge de la préparation de la délégation allemande (voir son interview dans A&C n°2665).

Premier contributeur, l'Allemagne engage 3,29 milliards d'euros (22,9 %). "Mais sur les trois prochaines années, la France reste en tête", a précisé la ministère de la Recherche.

" C'est un témoignage évident de notre ambition commune pour l'Europe ", commente la ministre française de la Recherche, Frédérique Vidal, qui co-présidait la réunion ministérielle.

Avec ce budget record, l'Europe entend rester un géant de l'espace face à la montée en puissance de la Chine et des Etats-Unis. Pour le patron du CNES, l'investissement massif dans la surveillance de la Terre "façonne une nouvelle Europe spatiale, plus proche des citoyens avec des préoccupations climatiques". Suivent la France avec 2,66 milliards d'euros (18,5 %) et l'Italie avec 2,28 milliards d'euros (15,9 %).

L'Europe prévoit notamment de développer un module de service pour la future mini station en orbite lunaire, Gateway. "Concernant l'accès à l'espace, " nous continuerons à avoir deux lanceurs européens souverains (Ariane et Vega, ) ", se réjouit la ministre, soulignant la " complémentarité " entre Ariane et le lanceur italien. Elle prévoit le développement du moteur à bas coûts Promethéus et un démonstrateur d'étage réutilisable, Thémis, permettant de maîtriser les technologies de retour sur terre.

Le président d'Arianespace, Stéphane Israël, a salué auprès de l'AFP la "mobilisation" de l'ESA.

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