Washington menace la France d'une riposte douanière, Paris se défend — Taxe Gafa

Taxation du numérique Le Maire laisse entendre que les Etats Unis ne veulent plus d'un accord

Taxe Gafa : Roquefort, yaourts et vin français surtaxés jusqu’à 100 % en mesure de rétorsion?

Parmi les produits qui pourraient être surtaxés par les États-Unis figurent de nombreux fromages dont le Roquefort, les yaourts, le vin pétillant ainsi que des produits cosmétiques comme le savon, le maquillage et les rouges à lèvres, ou encore les sacs à main.

Un revirement qui intervient alors que le bureau du Représentant américain au Commerce (USTR) doit présenter ce lundi les conclusions de son enquête sur l'impact sur les entreprises américaines de la taxe française.

L'imposition de tarifs douaniers punitifs sur les produits français ne pourra, elle, pas intervenir avant la mi-janvier, à l'issue d'une période de consultations pour examiner les éventuelles demandes d'exemptions.

Ces nouvelles menaces sont en outre dévoilées la veille d'une rencontre entre Donald Trump et le président français Emmanuel Macron. Washington a menacé de surtaxer des produits emblématiques en représailles à la taxe française sur le numérique, mais les présidents Trump et Macron ont assuré que ce différend pouvait être réglé par le dialogue. "Il y a beaucoup de jalousie", selon lui. En milieu de journée, un porte-parole de la Commission a promis que l'UE agirait "d'une seule voix", ajoutant que l'exécutif européen entend réagir en étroite collaboration avec les autorités françaises.

Ce dispositif doit rapporter à l'Etat français quelque 400 millions d'euros, une somme qui peut sembler dérisoire - Apple a par exemple annoncé il y a un peu plus d'un mois un bénéfice annuel de plus de 55 milliards de dollars. La France "n'a pas à reculer", a déclaré de son côté la secrétaire d'État à l'Economie Agnès Pannier-Runacher, au sujet de la taxe dite Gafa qui impose les géants du numérique à hauteur de 3% du chiffre d'affaires réalisé en France.

Les grands noms de la tech se voient régulièrement reprocher de ne pas payer leur juste part d'impôt, grâce à des montages d'optimisation qui leur permettent de transférer leurs bénéfices vers des Etats à faible fiscalité.

"Nous voyons que les Etats-Unis sont en train de faire machine arrière " dans la négociation en cours d'un accord international au sein de l'OCDE pour taxer les géants du numérique, a expliqué le ministre sur France Inter.

"Je ne suis pas nécessairement amoureux de ces entreprises (du numérique) mais elles sont à nous, ce sont des entreprises américaines, je veux les taxer, ce n'est pas la France qui va les taxer", a-t-il dit.

De fait, l'administration Trump a également indiqué lundi qu'elle envisageait d'ouvrir une enquête similaire à l'encontre de l'Autriche, de l'Italie et la Turquie pour déterminer si leurs taxes menacent les entreprises américaines.

"Après avoir réclamé une solution internationale à l'OCDE, (Washington) n'est pas sûr d'en vouloir", a déploré lundi Bruno Le Maire.

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