"Preuves accablantes" — Impeachment de Trump

Donald Trump a confirmé que l'armée américaine a aussi tué le bras droit d'Abou Bakr al-Baghdadi

Destitution la Maison Blanche refuse de participer à une audition Le Journal horaire 24 sec. à 03:00

Le texte accuse le président des États-Unis Donald Trump d'abus de pouvoir pour avoir sollicité l'ingérence de l'Ukraine dans la présidentielle 2020.

Le président de la commission du renseignement en profite pour souligner que l'enquête, bouclée en deux mois, a mobilisé à temps plein une trentaine de personnes au sein des trois commissions d'enquête, a entendu 17 témoins, pendant plus de 100 heures au total. Donald Trump aurait ainsi "placé ses intérêts personnels et politiques au-dessus des intérêts nationaux, cherché à miner l'intégrité du processus électoral américain et mis en danger la sécurité nationale", précise le document.

Selon ce rapport, il existe des "preuves accablantes" de comportements "inappropriés" dans deux domaines: "le président a conditionné une invitation à la Maison Blanche et une aide militaire à l'Ukraine à l'annonce d'enquêtes favorables à sa campagne" et il a "entravé" les investigations parlementaires.

Donald Trump est dans la tourmente parce qu'il a demandé à l'Ukraine d'enquêter sur Joe Biden, un de ses adversaires potentiels à la présidentielle de 2020. "Ce rapport ne reflète rien d'autre que les frustrations" des démocrates, il "se lit comme les divagations d'un blogueur de bas étage qui s'évertue à prouver quelque chose quand il n'y a clairement rien", a-t-elle ajouté. La Maison-Blanche avait gelé sans explication en juillet près de 400 millions de dollars destinés à ce pays en guerre avec la Russie.

Les démocrates reprochent aussi à Donald Trump d'avoir entravé leur enquête en bloquant la transmission de documents et les témoignages de ses principaux conseillers mais aussi via des tentatives vaines d'empêcher d'autres dépositions et d'intimider des témoins. "C'est très dangereux pour un pays d'avoir un président sans éthique, qui croit être au-dessus des lois", a commenté l'élu démocrate Adam Schiff, qui préside la commission du renseignement.

Une "véritable honte": Donald Trump a éreinté lundi les démocrates pour avoir prévu une audition dans l'enquête en destitution qui le vise à Washington tandis qu'il se trouve au Royaume-Uni pour un sommet de l'OTAN. Après deux mois d'enquête, le Congrès entame mercredi ce débat juridique en s'appuyant sur les "preuves accablantes" que les démocrates disent avoir rassemblées contre le président américain.

Contrôlée par les démocrates, la commission devrait approuver, lors d'un vote mardi, son rapport d'enquête avant de le transmettre à la commission judiciaire. Dans leur propre rapport d'enquête, publié lundi soir, les républicains ont de leur côté blanchi le président: "Les éléments présentés ne prouvent aucune des accusations des démocrates".

Également dominée par les démocrates, c'est elle qui prendra alors les rênes de la procédure de destitution avec, en premier acte, l'organisation mercredi de l'audition de spécialistes en droit constitutionnel.

Comme leurs élus, les Américains sont profondément divisés par la possible mise en accusation de Donald Trump, avec 49% qui la soutiennent et 44% qui y sont opposés, selon une moyenne des sondages établie par RealClearPolitics.

Sa commission devra déterminer si les faits reprochés au président entrent dans le cadre de l'un des possibles motifs de destitution cités dans la Constitution des États-Unis: des actes de "trahison, corruption ou autres crimes et délits majeurs".

L'ancien stratège Steve Bannon, pourtant en disgrâce auprès de la Maison-Blanche, vient d'inaugurer un podcast quotidien destiné à défendre Donald Trump.

Compte tenu de la majorité démocrate dans cette enceinte, Donald Trump devrait entrer dans les livres d'histoire comme le troisième président américain mis en accusation, après Andrew Johnson en 1868 et Bill Clinton en 1998, tous deux acquittés par la suite. Il faudrait donc un désistement d'au moins 20 républicains pour inquiéter le milliardaire, alors que ce camp fait pour l'heure plutôt bloc autour de lui.

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