"Une responsabilité qui ne s’arrête jamais" — Merkel à Auschwitz

Luc André journaliste

Luc André journaliste" Angela Merkel se rend pour la première fois sur le lieu de la barbarie nazie à Auschwitz. 12h min. à 12:45

La chancelière allemande Angela Merkel a averti, vendredi, de la montée du racisme en Allemagne et a appelé à des efforts plus soutenus pour défendre les valeurs de la démocratie libérale lors de sa toute première visite au camp de concentration d'Auschwitz, dans la ville polonaise d'Oswiecim.

"Se souvenir des crimes, nommer leurs auteurs et rendre aux victimes un hommage digne, c'est une responsabilité qui ne cesse jamais". Ce n'est pas négociable. Et c'est inséparable de notre pays. "Etre conscient de cette responsabilité est une part de notre identité nationale", a martelé la dirigeante, première chef d'un gouvernement allemand à se rendre dans le camp emblématique de la Shoah depuis 1995. La somme est destinée au maintien du site où ont été assassinées 1,1 million de personnes, dont un million de Juifs, entre 1940 et 1945.

La patronne de l'exécutif allemand effectue cette visite peu avant les commémorations du 75e anniversaire de la libération d'Auschwitz par l'Armée Rouge, le 27 janvier 1945. La chancelière, pour qui la Shoah est " une rupture dans la civilisation ", doit s'exprimer en milieu de journée.

Le nom d'Auschwitz est devenu le synonyme du Mal absolu.

La voix altérée par l'émotion, elle a insisté sur le fait qu'il était "important" de rendre à Auschwitz son "nom complet".

Déporté à l'âge de 12 ans avec sa mère, il se rappelle avoir entendu de la bouche des kapos, les prisonniers promus gardiens auxiliaires: "Il n'y a ici qu'un chemin vers la liberté, celui qui passe par les cheminées" des fours crématoires.

Une inquiétude partagée par Ronald Lauder, président du Congrès juif mondial, qui accompagnait M Merkel.

Dans le camp d'Auschwitz-Birkenau créé par l'Allemagne sur le territoire de la Pologne occupée, des détenus, parmi lesquels des enfants, ont été soumis aux expérimentations effroyables du Docteur Josef Mengele, l'"ange de la mort ". Des Juifs de toute l'Europe, de la Hongrie à la Grèce, y ont été exterminés.

"Auschwitz est un musée mais aussi le plus important cimetière au monde", a déclaré à Reuters le directeur du mémorial, Piotr Cywinski, en amont de la visite d'Angela Merkel sur invitation de la fondation Auschwitz.

Elle est seulement la troisième dirigeante allemande à se rendre dans le camp après Helmut Schmidt en 1977 et donc Helmut Kohl. Situé dans l'actuelle Pologne, le camp était dans une région "annexée en octobre 1939 par le Reich". Elle a également déclaré qu'il était "important de nommer clairement les criminels. Le lieu lui-même nous oblige à garder en vie la mémoire". "Auschwitz était un camp d'extermination administré par des Allemands ", a-t-elle rappelé en rappelant que la lutte contre l'antisémitisme, qui renaît aujourd'hui en Europe, était aussi l'affaire tous".

"Je m'incline profondément" devant chacun d'entre eux, a-t-elle conclu, avant un entretien prévu loin des caméras avec un rescapé d'Auschwitz.

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