Vaccin contre le HPV recommandé aux garçons

Le programme de dépistage du cancer du col de l’utérus en France s’adresse à 17 millions de femmes âgées de 25 à 65 ans. Objectif: atteindre les 80 % de participation

Vaccin contre le HPV recommandé aux garçons

La HAS souhaite la mise en place d'un accès plus facile à cette vaccination, en permettant par exemple un remboursement intégral du vaccin par l'Assurance Maladie.

Cette décision "scientifique et éthique permettra à tous les jeunes garçons, quelle que soit leur orientation sexuelle, de bénéficier d'une protection individuelle, mais aussi comme pour la vaccination des jeunes filles, d'améliorer la protection de leurs partenaires", se félicite le ministère de la Santé. " Ils sont responsables chez la femme comme chez l'homme de verrues anogénitales (...) et de lésions, dont la majorité disparaissent spontanément, mais dont certaines peuvent persister et évoluer vers des cancers (cancer du col de l'utérus chez la femme, cancers anaux et oro-pharyngés dans les deux sexes)". Les professionnels de santé seront ainsi invités à proposer davantage ce vaccin à chaque adolescent, fille ou garçon, que ce soit dans le cadre de programmes de vaccination ou lors d'une consultation de santé sexuelle. La vaccination contre les HPV était jusqu'à présent recommandée chez les jeunes filles de 11 à 14 ans révolus (avec un rattrapage jusqu'à 19 ans), les personnes immunodéprimées et les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes jusqu'à 26 ans.

Mais "dix ans après les premières recommandations" la couverture vaccinale de ces populations reste "très insuffisante", note la HAS: 24% de femmes et environ 15% des hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes, contre un objectif de 60%.

Les infections sexuellement transmissibles liées à ce virus peuvent provoquer des années plus tard des cancers chez les femmes comme chez les hommes, du col de l'utérus, du vagin, du pénis, de l'anus, voire de la gorge en cas de rapports sexuels bucco-génitaux. Le seul cancer du col de l'utérus tue encore 1.100 femmes chaque année et 2.900 nouveaux cas sont diagnostiqués.

Un groupe d'experts de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) vient toutefois de recommander de suspendre cette politique de vaccination des jeunes garçons, à cause de la "pénurie actuelle de vaccin" contre le HPV.

La HAS a assuré qu'elle tiendrait compte de ces tensions sur le marché pour redéfinir les modalités du rattrapage vaccinal.

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