"Cela semble impressionnant au premier abord, mais…" — Greta Thunberg

Plan rapproché de la jeune fille

"Cela semble impressionnant au premier abord, mais…" — Greta Thunberg

Un accord a minima, c'est ce que l'on craignait, car si la fin de cette COP 25 a été repoussée depuis deux jours, y compris la nuit dernière, c'est parce que les participants n'ont pu trouver de compromis.

"Je suis déçu des résultats de la COP25". Rien n'y a fait: la conférence " laisse un goût doux-amer " à la ministre espagnole de l'Environnement, Teresa Ribera.

"Cette déclaration souligne "l'urgence" d'augmenter les engagements nationaux de réduction des émissions en 2020, par rapport aux promesses faites en 2015 à la conférence climat de Paris (COP21), et ce afin de parvenir à lutter contre le réchauffement climatique".

Le Secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, s'est déclaré " déçu " des résultats de la Conférence des Nations-Unies sur le climat (COP25) qui a clôturé ses travaux dimanche à Madrid sur fond d'une révision à la baisse des ambitions affichées par les parties prenantes lors des premiers jours de ce conclave mondial. "Nous ne devons pas abandonner et je n'abandonnerai pas ", a dit M. Guterres. Mais le langage est "tortueux" et le résultat "médiocre", a estimé Catherine Abreu, du Climate Action Network. "Cela ne doit pas nous faire renoncer: l'Union européenne vient d'annoncer son objectif d'être le premier continent au monde à atteindre la neutralité carbone d'ici l'année 2050", a-t-elle ajouté, en référence au "pacte vert" présenté par la Commission européenne fraîchement élue de l'Allemande Ursula von der Leyen.

Les principaux acteurs dont on espérait des avancées n'ont pas répondu aux attentes ", a déclaré Laurence Tubiana, architecte de l'Accord de Paris, notant toutefois que l'alliance des Etats insulaires, européens, africains et latino-américains, avait permis d' " arracher le moins mauvais résultat possible, contre la volonté des grands pollueurs.

"Quoi qu'il arrive, nous n'abandonnerons jamais".

De toutes les conclusions qui ont été arrêtées, et malgré les améliorations, certains pays particulièrement touchés par les dérèglements climatiques ont exprimé leur colère.

"Dans moins de trois semaines, nous entrerons dans une nouvelle décennie, une décennie qui va définir notre avenir", a-t-elle lancé devant une foule de lycéens et étudiants, venue soutenir la Marche pour le climat (Friday for Future) organisée à Turin, dans le nord-ouest de l'Italie, sur une place battue par la neige et le vent.

" Ces discussions reflètent le décalage entre les dirigeants d'un côté et l'urgence montrée par la science et les demandes des citoyens dans les rues ", résume Helen Mountford, du groupe de réflexion World Resources Institute, estimant que l'esprit de l'Accord de Paris n'était plus qu'un " lointain souvenir ".

Cela n'a pas empêché le ministère de la Transition écologique de regretter, dans un communiqué envoyé ce dimanche, " un manque d'ambition climatique malgré certaines avancées obtenues dans l'accord".

Au rythme actuel des émissions de gaz à effet de serre, le mercure pourrait gagner jusqu'à 4 ou 5°C d'ici la fin du siècle. Même si les quelque 200 signataires de l'Accord de Paris respectent leurs engagements, le réchauffement dépasserait 3°C.

Également dans le collimateur des défenseurs de l'environnement, l'Arabie saoudite, ainsi que le Brésil et l'Australie, tous deux accusés de vouloir introduire des dispositions décriées dans les règles sur les marchés carbone, dont l'adoption a été à nouveau reportée.

Les États ont encore un an pour corriger le tir: l'année prochaine, ils se réunissent à nouveau, cette fois à Glasgow pour la COP26, au cours de laquelle ils devront présenter une version révisée de leurs plans de réductions d'émissions.

Sans surprise, quasiment aucun des grands pays émetteurs n'a fait d'annonce significative pour réhausser ses ambitions, ni donné de signe clair d'une telle intention pour 2020. Évidemment pas les États-Unis qui quitteront l'accord de Paris en novembre prochain, mais pas non plus la Chine ou l'Inde.

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