Demi-échec pour la NASA — Starliner

L'astronaute-mannequin Rosie testant une position dans la capsule du Centre spatial Kennedy

L'astronaute-mannequin Rosie testant une position dans la capsule du Centre spatial Kennedy

Le patron de la NASA, Jim Bridenstine, a expliqué dans plusieurs tweets qu'une anomalie s'était produite dans le système de compteur de "temps écoulé" à bord du véhicule et avait fait croire à Starliner qu'elle avait réalisé la poussée nécessaire pour se placer sur la bonne orbite.

Dans les salles de contrôle de Houston, les ingénieurs et hauts responsables de la Nasa et de Boeing se félicitaient, apparemment soulagés que la mission, après un début raté, se soit ensuite bien déroulée. Ce vendredi matin à 6 h 36, heure de Floride, une fusée Atlas V a décollé de Cap Canaveral pour mettre en orbite un vaisseau flambant neuf qui n'avait encore jamais vu l'espace: le Starliner.

Ayant manqué la fenêtre et consommé trop de carburant en tentant de corriger la position automatiquement, Starliner va donc être ramenée prématurément pour atterrir dimanche dans l'ouest des Etats-Unis, dans le désert de White Sands dans le Nouveau Mexique, a annoncé un dirigeant de Boeing lors d'une conférence de presse au centre spatial Kennedy, trois heures après le lancement.

Peu après la séparation de la fusée, Starliner n'a pas allumé ses propulseurs comme prévu, et elle ne s'est donc pas placée sur la bonne trajectoire pour gagner en altitude et rattraper l'ISS, qui fait le tour de la Terre à 28.000 km/h, à environ 400 km d'altitude. Ainsi, depuis le dernier vol de la navette spatiale américaine, en juillet 2011, les États-Unis n'ont pas été capables d'envoyer des hommes et des femmes dans l'espace par leurs propres moyens.

"Tout cela est très positif, en général", a assuré Jim Bridenstine.

Le retour apparemment réussi devrait conforter la Nasa si elle décidait de maintenir le calendrier d'un premier vol habité de Starliner début 2020, avec à bord l'astronaute d'essai de Boeing, Chris Ferguson, et les astronautes de la Nasa Nicole Mann et Mike Fincke.

" Les équipes de la NASA et de Boeing ont travaillé main dans la main pour accomplir le plus d'objectifs possibles", a-t-il dit.

Sous la présidence de Barack Obama, l'agence spatiale avait passé des contrats de milliards de dollars avec Boeing et SpaceX pour qu'elles mettent au point des capsules "made in USA". Après deux ans de retard, le programme aboutit enfin, et l'homologation des véhicules ne dépend plus que des derniers tests non habités.

Il s'agissait d'un vol d'essai et en dépit de cette mésaventure, Boeing considère que 85 à 90 % des objectifs de la mission ont été remplis.

Les images retransmises par la Nasa ont montré le retour sur Terre de la capsule, sans équipage à bord, de nuit, après une descente ralentie par trois grands parachutes. Les gens qui développent le vaisseau spatial sont différents de ceux qui font les avions, a noté Jim Bridenstine. Si un véhicule a un problème, l'autre peut continuer à servir la Nasa.

Ces programmes sont distincts du projet Artémis de retour sur la Lune d'ici à 2024, qui se fera avec une troisième capsule adaptée à des voyages plus profonds dans l'espace, Orion, construite par Lockheed Martin.

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