La contestation contre la loi sur la citoyenneté gagne de l'ampleur — Inde

Manifestants contre une loi controversée sur la naturalisation de réfugiés à Guwahati dans le nord-est de l'Inde le 13 décembre 2019

La contestation contre la loi sur la citoyenneté gagne de l'ampleur — Inde

Pour rappel, cette intensification du mouvement fait suite aux rudes affrontements dimanche entre policiers et manifestants à l'université Jamia Millia Islamia de New Delhi.

Ces manifestations, principalement menées par des musulmans, ont lieu alors qu'une loi controversée sur la citoyenneté a été votée par le Parlement.

Des manifestations spontanées ont éclaté, lundi 16 décembre, dans plusieurs universités de la capitale indienne.

Dans la ville de Calcutta (capitale du Bengale occidental, est), plus de 20'000 protestataires se sont rassemblés pour un nouveau grand défilé à l'appel de Mamata Banerjee, virulente adversaire du chef du gouvernement.

Un autobus en flammes lors d'une manifestation à New Delhi le 15 décembre 2019 contre une législation qui facilite l'attribution de la citoyenneté indienne aux réfugiés d'Afghanistan, du Bangladesh et du Pakistan, mais à la condition qu'ils ne soient pas musulmans.

Les résidences étudiantes se vidaient à l'Aligarh Muslim University (Uttar Pradesh), l'un des épicentres de la contestation. Ce dernier veut mettre en place un recensement qui demandera à tous les Indiens de prouver leur nationalité. "Au final, seuls les musulmans devront prouver leur citoyenneté". Les détracteurs du pouvoir nationaliste hindou instauré par Narendra Modi craignent quelle ne marginalise la minorité musulmane de ce pays de 1,3milliard dhabitants.

Le mouvement de contestation a fait six morts dans le nord-est de l'Inde la semaine dernière, où les habitants s'opposent au texte au contraire au motif qu'il entraînerait selon eux un afflux de réfugiés hindous du Bangladesh voisin, qui prendraient selon eux les emplois dans leur région. Ces violences ont provoqué des marches de solidarité dans plusieurs campus universitaires à travers le géant d'Asie du Sud dimanche soir.

À l'intérieur de Jamia et dans des quartiers alentour, les forces de l'ordre ont tiré des gaz lacrymogènes et chargé la foule à coups de bâtons, tandis que les manifestants sont accusés d'avoir incendié quatre bus et deux véhicules de police.

Dans l'Etat de Karnataka, où se trouve Bangalore, siège de la technologie indienne, les autorités ont interdit tout grand rassemblement pendant trois jours. La police, elle, a fait état de 39étudiants et 30policiers blessés, dont un dans un état critique. "Si nous n'y parvenons pas, ils ne pourront pas nous tuer mais ils pourront nous retirer notre droit de vote et je refuse de devenir un citoyen de seconde zone", lance Reeshan Ali, un ingénieur de 28 ans ayant pris sa journée pour se joindre aux étudiants de Jamia.

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