Irak: des raids meurtriers américains contre une faction pro-Iran suscitent l'indignation

Des véhicules américains dans la province kurde irakienne de Dohuk le 21 octobre 2019

Des véhicules américains dans la province kurde irakienne de Dohuk le 21 octobre 2019

Plusieurs terroristes éliminés lors de frappes de drones américains contre des terroristes iraniens par procuration près de la frontière syro-irakienne qui étaient liés au Hezbollah. Elles visent, a assuré le porte-parole du Pentagone, Jonathan Hoffman, à " affaiblir les capacités des brigades du Hezbollah à mener de futures attaques ".

Par la suite, un représentant des milices chiites irakiennes Hachd al-Chaabi, auxquelles Kataib Hezbollah est affilié, a déclaré à l'AFP que les frappes américaines avaient fait 15 morts et plusieurs blessés parmi les combattants.

L'armée américaine a annoncé dimanche avoir frappé cinq bases en Irak et en Syrie d'un mouvement proche du Hezbollah pro-iranien, deux jours après la mort d'un Américain dans une attaque à la roquette contre une base militaire irakienne à Kirkouk.

Vendredi soir, 30 roquettes se sont abattues sur la base K1 à Kirkouk, région pétrolière au nord de Bagdad, a indiqué un responsable américain à l'AFP.

Si aucune des dernières attaques anti-américaines n'a été revendiquée, Washington pointe du doigt les factions armées pro-Iran, dont l'influence ne cesse de grandir et qui sont désormais intégrées aux forces de sécurité irakiennes. L'IRNA annonce que " l'agression militaire américaine sur le sol irakien contre les forces irakiennes est un exemple clair de terreur et l'Iran la condamne fermement ". Ce dernier a été formé en 2014 pour lutter contre les jihadistes, à partir notamment de groupes existant depuis des années et ayant longtemps combattu les Américains après leur invasion de l'Irak en 2003.

Cette escalade de violence intervient dans un contexte déjà très tendu: depuis le 28 octobre, 11 attaques à la roquette ont visé des bases où sont postées des soldats ou des diplomates américains, et jusqu'à l'ambassade américaine dans l'ultra-sécurisée "zone verte" de Bagdad.

WASHINGTON | Le secrétaire américain à la Défense a déclaré dimanche que les frappes en Irak et en Syrie contre des bases d'un groupe pro-iranien avaient été un succès et n'a pas exclu d'autres actions "si nécessaire".

Le porte-parole militaire du Premier ministre démissionnaire Adel Abdel Mahdi a dénoncé "une violation de la souveraineté irakienne", tandis que la classe politique relançait une campagne récurrente en Irak pour bouter les Américains hors du pays.

Les États-Unis avaient récemment promis "une réponse ferme" face à la multiplication des attaques visant leurs intérêts en Irak.

Aujourd'hui toutefois, le rapport de force a changé dans le pays, où sont actuellement stationnés 5200 soldats américains.

Les États-Unis avaient par ailleurs appelé mi-décembre le gouvernement irakien à "prendre des mesures" pour faire cesser les attaques en Irak contre des intérêts américains.

Un civil américain avait été tué par l'un de ces tirs de roquettes, qui avaient également blessé quatre militaires américains et des membres des forces de sécurité irakiennes.

L'instabilité politique a été déclenchée par la pire crise sociale que connaît le deuxième producteur de pétrole de l'Opep (Organisation des pays exportateurs de pétrole), avec près de 460 morts et 25.000 blessés.

Dernières nouvelles