Qassem Soleimani, puissant général iranien, tué par une frappe américaine en Irak

Téhéran

La Défense iranienne promet à Washington une vengeance dévastatrice suite à la mort du général Soleimani CC BY-SA 2.0 Giorgio Montersino

Mardi, le cortège funéraire de 25 combattants pro-Iran tués dans des frappes américaines près de la Syrie avait dégénéré dans l'ultrasécurisée Zone verte de Bagdad.

Pour renforcer la sécurité des positions américaines dans cette région irakienne, les Etats-Unis ont décidé de déployer 3 000 à 3 500 militaires supplémentaires au Moyen-Orient, précise un haut responsable du Pentagone, cité par Le Figaro.

Son secrétaire d'Etat Mike Pompeo a affirmé que Soleimani préparait une "action d'envergure" menaçant des "centaines de vies américaines".

Bagdad a déjà dit redouter "une guerre dévastatrice" sur son sol, qui devrait être samedi le terrain d'une nouvelle démonstration de force de Téhéran et de ses alliés locaux, avec des funérailles officielles et populaires des deux hommes tués dans la nuit de jeudi à vendredi.

"Soleimani avait fait de la mort d'innocents une passion répugnante", a-t-il déclaré, avant de lancer une mise en garde aux "terroristes" qui s'en prennent aux Américains: "Nous vous trouverons". Il y a eu "des morts et des blessés" dans un raid aérien contre un convoi du Hachd al-Chaabi, coalition de paramilitaires pro-Iran désormais intégrés à l'Etat irakien, au nord de Bagdad, a indiqué une source policière.

Ne répondant qu'au Guide Suprême, l'ayatollah Khamenei dont il était très proche, Soleimani était souvent considéré comme le numéro 2 de fait du régime iranien, avant même le président Rohani.

Les Etats-Unis ont commis leur "plus grave erreur" en tuant Soleimani, a averti le Conseil suprême de la sécurité nationale, plus haute instance sécuritaire d'Iran.

"L'Iran et les autres nations libres de la région prendront leur revanche sur l'Amérique criminelle", a menacé M. Rohani, alors que les autorités iraniennes ont rapidement nommé le successeur de Soleimani, Esmaïl Qaani. Il faut, a exhorté Hadi al-Ameri, "serrer les rangs pour bouter les troupes étrangères" hors d'Irak.

Le turbulent leader chiite irakien Moqtada Sadr a réactivé l'Armée du Mehdi, sa milice dissoute après avoir harcelé l'occupant américain en Irak (2003-2011).

Le Parlement irakien doit se réunir dimanche et pourrait dénoncer l'accord irako-américain qui encadre la présence de 5.200 soldats américains sur le sol irakien. Et au Yémen, les rebelles Houthis, soutenus par Téhéran, ont appelé à des "représailles rapides".

Ce bombardement était en représailles à des attaques à la roquette contre des installations abritant des Américains en Irak, dont l'une, attribuée par Washington aux paramilitaires pro-iraniens, a tué le 27 décembre un sous-traitant américain.

Les dirigeants russe et français, qui se sont joints par téléphone, partagent la même analyse de la situation suite à l'assassinat du général iranien Soleimani qui fait selon eux peser un sérieux risque d'escalade des tensions dans la région.

Aux Etats-Unis, des Républicains applaudissent la décision de Trump. Pékin et Londres ont appelé à la "désescalade" et l'ONU estime que "le monde ne peut se permettre une nouvelle guerre dans le Golfe". Ils en veulent pour preuve que le département d'Etat a appelé les ressortissants américains à quitter l'Irak "immédiatement".

Dans les grandes capitales, l' inquiétude dominait.

Les cours du pétrole ont bondi après l'annonce de la mort de Qassem Soleimani, les marchés craignant une escalade des tensions au Moyen-Orient malgré les nombreux appels à la retenue.

Dernières nouvelles