Une cliente tweete, sa banque ferme ses comptes

La banque française Société Générale

Une Française critique sa banque sur Twitter et se fait fermer ses comptes AFP 2019 Bertrand Langlois

Après avoir fermé le compte professionnel de la libraire sous prétexte d'un "découvert" inexistant, la banque a également fermé le compte personnel de la libraire, celui de son compagnon, et même ceux de ses filles de neuf et quatre ans. En cause plutôt: ses messages postés sur Twitter après avoir tenté de joindre des dizaines de fois son agence bancaire sans succès. "Ce type de décision se prend en dernier ressort et en évaluant globalement la relation", assure la banque. Le ton est clairement vif, mais jamais la cliente ne va se laisser aller à l'insulte, ou manquer de respect à la Société générale, comme c'est parfois le cas sur ce réseau social. Jusqu'au début du mois de décembre, où elle reçoit une première lettre l'informant de la prochaine fermeture de son compte professionnel en raison d'un dépassement de découvert non autorisé.

Dans ses messages, Julie Goislard décrit des situations banales et énervantes qui arrivent à beaucoup de clients: distributeur en panne, absence d'enveloppes pour les remises de chèques, difficulté de communication avec les agents, défaillance du terminal de paiement électronique... Dans la foulée, "nous avons eu un entretien avec le directeur d'agence qui nous a dit qu'il fallait bien trouver un motif" à cette fermeture de compte, poursuit-elle.

Sollicité par l'AFP, Société Générale explique ne pas pouvoir commenter la situation particulière d'un client. "Au contraire, nous encourageons nos clients à échanger via notre service après-vente sur les réseaux sociaux, disponible depuis plus de dix ans et au travers duquel plus de 60 000 messages par an sont traités", développe-t-elle. La banque n'a pas voulu "motiver sa décision " en vertu de " la confidentialité et du secret bancaire ". "J'aurais dû changer de banque mais devant l'aspect complexe d'une telle démarche - quand on a de nombreux fournisseurs - je suis restée", concède la libraire qui déplore également la réaction du directeur de l'agence bancaire.

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