La présidente sortante réélue malgré la campagne d'intimidation de Pékin — Taïwan

Dessin de Finn Graff Norvège

Dessin de Finn Graff Norvège

La présidente Tsai Ing-wen a été réélue avec 8,2 millions de voix, un score sans précédent depuis la première présidentielle en 1996, à l'issue d'un scrutin centré sur les tensions avec la Chine et la contestation de sa souveraineté à Hong Kong.

Seule une poignée de capitales entretient des relations diplomatiques avec la République de Chine, Haïti et son Président Jovenel Moïse, qui a félicité la nouvelle élue: " Le Peuple et le Gouvernement haïtiens se joignent à moi pour présenter à S.E. Mme Tsai Ing-wen nos plus chaleureuses félicitations à l'occasion de sa brillante réélection à la Présidence de la République de Chine (Taïwan) et lui souhaiter du coup bonne besogne ".

"Taïwan a montré au monde à quel point nous aimons notre mode de vie libre et démocratique ainsi que notre nation", a indiqué la présidente à la presse en annonçant sa victoire.

Les médias d'Etat chinois accusaient dimanche la présidente de Taïwan, réélue la veille à une large majorité pour un second mandat, de "tricherie" et cherchaient à discréditer sa victoire, vue comme un camouflet pour Pékin.

Taïwan est séparé politiquement du reste de la Chine depuis sept décennies.

Les Taïwanais votent samedi pour une élection présidentielle largement dominée par l'avenir des relations de cette île de plus de 23 millions d'habitants avec Pékin.

Depuis l'arrivée au pouvoir de Tsai Ing-wen en 2016, Pékin a lancé contre Taïwan une campagne d'intimidation économique et diplomatique, espérant que cela pousserait les électeurs à soutenir un candidat qui lui est davantage favorable - sans succès.

" Elle a un nouveau mandat pour les quatre prochaines années ", leur a-t-il dit. "Va-t-il continuer sa fermeté envers Tsai Ing-wen ou opter pour une approche plus souple?" Mais de toute évidence, "il ne sera pas content", pronostique Joshua Eisenman, analyste politique à l'Université Notre-Dame aux Etats-Unis. Il a reconnu sa défaite et a appelé la présidente sortante pour la féliciter.

Jusqu'à présent, les pressions de Pékin sur l'administration de Tsai Ing-wen ont été "relativement faibles", assure Jonathan Sullivan, spécialiste de la Chine à l'Université de Nottingham au Royaume-Uni. "Sous son leadership, nous espérons que Taïwan continuera à servir de brillant exemple pour les pays qui se battent pour la démocratie", écrit le chef de la diplomatie Mike Pompeo dans un communiqué.

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