Le gouvernement démissionne, des "changements importants" à la Constitution annoncés — Russie

Vladimir Poutine et son Premier ministre Dimitri Medvedev

Vladimir Poutine et son Premier ministre Dimitri Medvedev- EPA

Vladimir Poutine a proposé mercredi une série de réformes de la Constitution russe devant renforcer les pouvoirs du Parlement, tout en préservant le caractère présidentiel du système politique qu'il pilote depuis 20 ans.

Selon l'expert indépendant Konstantin Kalatchev, qui s'exprimait avant la démission du gouvernement, le maître du Kremlin a lancé "un réel débat sur le transfert du pouvoir" après 2024.

Dimitri Medvedev, le premier ministre russe, a présenté ce mercredi la démission de son gouvernement au président Vladimir Poutine, une annonce surprise après un discours du chef de l'État annonçant des réformes de la Constitution.

"Nous, en tant que gouvernement, devons donner au Président de notre pays les moyens de prendre toutes les mesures qui s'imposent".

"Ces changements, lorsqu'ils seront adoptés, et cela se fera après discussion, introduiront des changements importants non seulement dans un certain nombre d'articles de la constitution, mais aussi en général dans l'équilibre des pouvoirs, le pouvoir exécutif, législatif, le pouvoir judiciaire", a déclaré le Premier ministre lors d'une allocution télévisée en présence du président Vladimir Poutine, qui l'a remercié pour son travail.

La principale mesure vise à permettre au Parlement d'élire le Premier ministre que le président sera alors "obligé de nommer". Il a occupé de 2008 à 2012 les fonctions de président russe, Vladimir Poutine ayant dû céder la place et prendre la tête du gouvernement le temps d'un mandat pour respecter la limite de deux mandats présidentiels consécutifs, fixée par la Constitution.

Selon M. Poutine, il s'agit d'un changement "significatif" pour lequel il a jugé la Russie assez "mûre". Il a indiqué proposer à son fidèle collaborateur le poste de vice-président du Conseil de sécurité russe, un organe que le chef de l'État préside.

Une stratégie pour rester au pouvoir?

Néanmoins, Vladimir Poutine, qui en l'état actuel de la législation n'a pas le droit de se représenter en 2024, a souligné que la Russie devait rester régie par un système présidentiel. Il a d'ailleurs démenti mercredi toute intention de briguer une nouvelle fois la présidence.

Mais les annonces intervenues mercredi ont nourri les interrogations quant à son avenir après 2024, alors qu'il n'a jamais mis en avant de successeur ni exprimé ses intentions.

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