Moteur de recherche: Google veut éliminer progressivement les "cookies"

Analyse du user-agent de la dernière version de Chrome sur macOS Catalina

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"Le seul gain pour l'utilisateur est d'être réassuré sur la confiance qu'il peut placer dans les services de Google qui collectent ses données", note Sarah Wanquet, déléguée à la Protection des Données de LiveRamp France, une entreprise américaine qui fait appel aux cookies tiers. L'objectif est de rendre les "cookies" de sites tiers (qui ne proviennent pas du navigateur utilisé, mais du site visité), "obsolètes" d'ici "deux ans", explique Justin Schuh de Chrome Engineering. Malgré tout, il semble que l'on assiste à une véritable guerre entre les navigateurs pour proposer des solutions alternatives aux cookies tiers.

Tout cela découle de l'annonce par Google en août de sa soi-disant initiative Privacy Sandbox, poursuit Schuh, qui implique que la société essaie d'aider à développer un nouvel ensemble de normes ouvertes pour améliorer la confidentialité sur le Web - en fait, pour utiliser cette open-source initiative comme tremplin pour rendre le Web "plus privé et sécurisé pour les utilisateurs, tout en soutenant les éditeurs". En sapant le modèle commercial de nombreux sites Web financés par la publicité, les approches contondantes des cookies encouragent l'utilisation de techniques opaques telles que le fingerprinting (une solution de contournement invasive pour remplacer les cookies), qui peuvent en fait réduire la protection de la vie privée et le contrôle des utilisateurs.

Après Apple, qui avait décidé dès septembre 2017 de doter son navigateur Safari d'une fonction, baptisée "Intelligent Tracking Prevention", activée par défaut et qui limitait à 24h l'action des "cookies" déposés par les sites visités par l'internaute (après avoir déjà banni les "cookies tiers" placés dans le mobile ou sur l'ordinateur d'un internaute par le serveur d'un domaine distinct de celui du site visité) puis Facebook, qui avait mis un terme en septembre 2018 à son partenariat avec Criteo grâce auquel la société accédait aux outils de ciblage en phase de test sur le réseau social, c'est donc autour de Google de faire la chasse aux "cookies". Le moteur de recherche, leader dans le monde avec 65% des parts de marché selon StatCounter, souhaite ainsi aller plus loin, en bloquant définitivement ces cookies.

En fait, Google travaille notamment sur une " Privacy Sandbox " (bac à sable de la vie privée) avec les organismes réglementaires internationaux qui permettrait de ne recueillir des données personnelles que sur des larges groupes de plusieurs milliers d'utilisateurs. Il a aussi précisé que la suppression des cookies tiers sera effective d'ici deux ans. L'entreprise a annoncé "travailler activement" pour que les développeurs et les éditeurs aient l'opportunité d'expérimenter de nouveaux mécanismes.

L'enjeu pour Google est multiple.

La quasi-totalité des sites internet vont implanter sur l'appareil des visiteurs un fichier qui leur permet de garder en mémoire certaines informations, utiles pour la connexion ou les choix de configuration de l'usager. D'un autre côté, le géant du web ne veut pas prendre de retard face à ses concurrents. Les analystes financiers s'attendent à un effet minimal sur les propres activités publicitaires de Google, car il recueille des données sur les utilisateurs de nombreuses autres manières. L'entreprise française, spécialiste de retargeting est intrinsèquement dépendante de la présence de cookies.

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