Les deux camps fourbissent leurs armes pour le procès — Destitution de Trump

Le président américain Donald Trump lors d'un meeting de campagne à Toledo le 9 janvier 2020 dans l'Ohio

Le président américain Donald Trump lors d'un meeting de campagne à Toledo le 9 janvier 2020 dans l'Ohio

Le dossier contre le président des États-Unis est simple, les faits sont incontestables, et les preuves écrasantes, écrivent les élus démocrates qui mèneront l'accusation devant le Sénat contre Donald Trump.

Les avocats de la Maison Blanche ont critiqué samedi dans leur première réponse officielle la procédure de destitution du président américain Donald Trump par les démocrates de la Chambre des représentants, la qualifiant "d'effrontée et d'illégale".

Au cœur du scandale: un coup de téléphone en juillet au cours duquel le président américain demandait à son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky d'enquêter sur Joe Biden, son adversaire démocrate potentiel à la présidentielle de novembre. Et d'avoir fait pression sur Kiev en conditionnant notamment le déblocage d'une aide militaire cruciale à Kiev à l'annonce d'une telle enquête.

C'est la ligne de défense de l'ex-homme d'affaires new-yorkais âgé de 73 ans, qui enchaîne les provocations et aime casser les codes politiques.

"L'acte d'accusation est constitutionnellement irrecevable" et "ne comporte aucun crime ou violation de la loi", répondent les avocats du président.

Donald Trump sera physiquement absent des audiences au Sénat et y sera représenté par une équipe d'avocats.

Plutôt discret ces derniers jours, le 45 président des États-Unis, qui est seulement le troisième dans l'histoire du pays à subir d'affront d'un tel procès, a affiché un certain optimisme, conscient que les républicains, majoritaires au Sénat, devraient faire bloc pour lui garantir un acquittement.

" Si l'on suit la logique de cette position absurde, le président pourrait donner l'Etat de l'Alaska", a-t-il poursuivi sur ABC, estimant que l'abus de pouvoir était " au coeur de ce que les pères de la Constitution considéraient passible de destitution ".

Pour les démocrates chargés d'assumer le rôle des procureurs, le président affirme ainsi " que le Sénat ne peut pas le destituer même si les accusations contre lui sont prouvées ".

Le procès en destitution s'est ouvert jeudi par la prestation de serment de sénateurs en tant que jurés, mais entrera dans le vif du sujet ce mardi à 13 heures (heure locale) sous la présidence du chef de la Cour suprême John Roberts. La durée des débats reste en revanche une question en suspens.

Le plus grand flou plane encore sur le déroulement et le timing du procès, qui devrait d'ailleurs démarrer par des votes pour fixer la procédure.

Selon des membres du camp présidentiel, l'influent Mitch McConnell, chef de la majorité républicaine au Sénat, souhaite imposer des débats à marche forcée, bien décidé à offrir à Donald Trump l'acquittement rapide qu'il espère.

Au programme, selon des règles du jeu proposées lundi soir, Mitch McConnell prévoit deux journées de 12 heures pour l'accusation et autant pour la défense afin qu'elles exposent leurs arguments, puis 16 heures de questions des sénateurs. Mais son procès, qui devrait durer entre deux et quatre semaines, pourrait réserver des surprises, surtout si des témoins clés, comme l'ex-conseiller de la Maison Blanche John Bolton, étaient entendus.

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