Isabel dos Santos, fille de l'ex-président angolais, accusée de corruption massive

La femme d'affaires angolaise Isabel dos Santos le 26 septembre 2018 à New York

« Luanda Leaks » : Des révélations mettent en cause la fille de l'ex-président angolais Dos Santos - leFaso.net, l'actualité au Burkina Faso

"Âgée de 46 ans, Isabel dos Santos affectueusement appelée " Princesse " par ses citoyens, quant à elle a démenti ce qu'elle qualifie de " mensonge " et parle dans la foulée de " complot ".

Dimanche soir, le Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ) a dévoilé une série de documents qui mettent en lumière les montages financiers mis en place par Isabel dos Santos pour, dit-il, détourner l'argent des sociétés publiques du pays. Selon certains observateurs, les rivaux de son père y voient le symbole du népotisme dos Santos.

"Il ressort également de ces Luanda Leaks qu'une " nébuleuse composée de 400 sociétés identifiées dans 41 pays " était partie prenante d'un véritable " schéma d'accaparement des richesses publiques ". L'ICIJ ajoute que des lettres censurées montrent comment de grands noms chez les consultants ont cherché à lui ouvrir des comptes bancaires non transparents. Ce à quoi le procureur a répondu en la contredisant: il a argué qu'Isabel dos Santos avait bien reçu leur notification avant de quitter le pays le lendemain même de cette notification.

Celle qui est considérée par le magazine américain Forbes comme la femme la plus riche d'Afrique a elle-même dénoncé auprès de BBC Afrique une "chasse aux sorcières", destinée à les discréditer, elle et son père. L'enquête met en avant le fait qu'elle aurait "siphonné les caisses du pays".

" Ma fortune est née de mon caractère, mon intelligence, éducation, capacité de travail, persévérance", a-t-elle poursuivi sur son compte Twitter. Son avocat a également réfuté les accusations du consortium, dénonçant auprès du journal britanniqueThe Guardian* une "attaque parfaitement coordonnée" par le dirigeant actuel de l'Angola, Joao Lourenço, qui s'est lancé dans une spectaculaire lutte anticorruption. Ses adversaires accusent l'ancien chef de l'État d'avoir mis l'économie du pays, un des plus pauvres du monde, en coupe réglée au profit de membres de sa famille. Ils ont révélé, selon leurs mots, " comment une armée de sociétés financières occidentales, d'avocats, de comptables, de fonctionnaires et de sociétés de gestion ont aidé Isabel dos Santos à cacher des avoirs aux autorités fiscales". De fait, ils auraient objectivement aidé Isabel dos Santos dans son entreprise de dissimulation des biens publics. Cette investigation, baptisée Luanda Leaks, se base sur une fuite de plus de 715.000 documents financiers et commerciaux confidentiels, tels que des courriers électroniques, des contrats, des audits, des listes de clients, des factures, des documents fiscaux et des accords de prêt bancaire.

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